L’indice du dollar américain (DXY) s’est montré discret après trois séances consécutives de hausse, évoluant autour de 99,50 durant la séance asiatique de jeudi, alors que le dollar américain (USD) s’est légèrement détendu avec l’atténuation de l’aversion au risque. Israël et le Liban ont convenu mercredi de renouveler un cessez-le-feu à l’issue de discussions menées sous l’égide des États-Unis à Washington ; les termes exigent une « cessation complète » des tirs de la part du Hezbollah, soutenu par l’Iran. Bien qu’ils n’entretiennent pas de relations diplomatiques formelles, les parties ont également accepté de mettre en place des « zones de sécurité pilotes » dans lesquelles les forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif du territoire, à l’exclusion de tout acteur non étatique.
Selon un article du Wall Street Journal publié jeudi, le président américain Donald Trump aurait indiqué à ses conseillers qu’il envisagerait de mettre fin au cessez-le-feu avec l’Iran si Téhéran tuait des soldats américains, tandis qu’une pause d’une semaine des frappes aériennes reste en vigueur malgré la poursuite d’accrochages. Dans une interview accordée au New York Post, Trump a déclaré qu’un blocus jusqu’à la fête du Travail (Labor Day) est improbable mais possible, allongeant l’horizon anticipé par les marchés pour une réouverture du détroit d’Ormuz. Par ailleurs, les perspectives du dollar ont été soutenues par des statistiques américaines de l’emploi plus solides, notamment l’ADP de mai sur l’emploi privé et les offres d’emploi JOLTS, et les marchés intègrent désormais près de 42 % de probabilité d’une hausse des taux de la Réserve fédérale en décembre, selon l’outil CME FedWatch.
Perspectives du dollar, géopolitique et risques inflationnistes
À ce jour, le 4 juin 2026, nous observons que l’indice du dollar américain se maintient près de 99,50, mais cette stabilité paraît provisoire. Les récentes nouvelles de cessez-le-feu entre Israël et le Liban apportent un certain soulagement, mais le risque plus large lié à l’Iran maintient un plancher sous le dollar. Le marché reste sur le qui-vive, ce qui fait de tout repli du dollar une opportunité potentielle d’achat.
La situation dans le Golfe persique constitue le facteur le plus déterminant pour les semaines à venir. Les prix du brut WTI ayant bondi au-delà de 95 dollars le baril sur fond de craintes de perturbations de l’offre, les préoccupations inflationnistes reviennent au premier plan. Les propos du président Trump sur une possible prolongation du blocus jusqu’à la fête du Travail laissent anticiper une inflation alimentée par l’énergie qui perdurerait tout l’été.
Cela influence directement notre appréciation de la Réserve fédérale. Des données récentes, comme l’IPC de mai ressorti au-dessus des attentes à 3,8 % et des offres d’emploi JOLTS demeurant robustes, donnent à la Fed des raisons claires de conserver un biais restrictif. Le prochain rapport sur l’emploi (non-farm payrolls) de mai devient désormais crucial, avec une attente d’une nouvelle progression solide de plus de 200 000 emplois.
Anticipations de marché et stratégies de trading
Ces éléments ont entraîné un changement significatif des anticipations de taux, l’outil CME FedWatch indiquant désormais une probabilité de 42 % d’une hausse de taux d’ici décembre. C’est nettement plus que les 15 % observés il y a un mois, un repricing rapide qui soutient un dollar plus ferme. Nous pensons que cette dynamique se poursuivra tant que les tensions géopolitiques maintiendront les cours du pétrole à un niveau élevé.
Pour les traders de produits dérivés, cela plaide pour des positions misant sur un dollar plus fort et une volatilité accrue au second semestre. Nous privilégions l’achat d’options d’achat (calls) sur le DXY avec des échéances septembre et décembre afin de tirer parti d’une hausse progressive potentielle. La vente d’options de vente (puts) sur le dollar américain à court terme peut également constituer une stratégie pertinente pour encaisser des primes tout en exprimant un biais haussier.