Les principales devises du G10 restent cantonnées dans des fourchettes à l’approche de juin 2026, les marchés arbitrant entre des titres de risque changeants au Moyen-Orient et un changement imminent à la tête de la Réserve fédérale. Le prochain point d’attention est la réunion du FOMC des 16–17 juin, la première présidée par Kevin Warsh, alors que les taux courts réagissent à une inflation plus ferme et à un regain d’examen de la crédibilité de la politique monétaire.
L’IPC d’avril a progressé à 3,8% sur un an, tandis que les commentaires de marché évoquent un passage au-dessus de 4% si les tensions sur l’énergie persistent, ce qui a alimenté un réajustement des anticipations sur le court terme. En réponse, le rendement des bons du Trésor américain à 2 ans est monté à 4,0–4,1% à la mi-mai, alors que les futures n’impliquent qu’une probabilité de 30% d’une hausse de taux de la Fed cette année. Par ailleurs, le 31 mai, Jerome Powell a évoqué l’indépendance des banques centrales dans des propos liés au « John F. Kennedy Profile in Courage Award » 2026, en amont d’une décision de la Cour suprême sur le même sujet.
Dollar coincé dans une phase d’attentisme sur fond d’incertitudes
À l’entrée dans juin 2026, le dollar américain reste en mode attente en raison d’incertitudes majeures. Le marché est tiraillé entre le retour des craintes inflationnistes et l’orientation de politique monétaire encore inconnue du nouveau président de la Fed, Kevin Warsh. Cette indécision crée un environnement dans lequel le billet vert a peu de chances de s’extraire nettement, à court terme, à la hausse comme à la baisse.
La tension centrale oppose les données « dures » aux anticipations de marché. L’indice des prix à la consommation d’avril a surpris par sa vigueur à 3,8%, propulsant le rendement à 2 ans au-delà de 4,0%, pourtant les marchés de futures n’intègrent qu’environ 30% de probabilité d’une hausse de taux cette année. Ce décalage montre que le marché se prépare à une rhétorique plus restrictive, tout en restant sceptique quant à la volonté de la nouvelle Fed de passer à l’acte.
Cette incertitude se reflète sur le marché des options, l’indice de volatilité du CBOE (VIX) remontant à 18,5 depuis ses points bas de mai. Cela indique que les opérateurs achètent de plus en plus de protection contre un mouvement brusque. Le solide rapport sur l’emploi (NFP) de la semaine dernière, faisant état de 250 000 créations d’emplois en mai, accroît encore la pression sur la Fed pour adopter un ton plus restrictif.
La prudence domine avant le premier FOMC sous Warsh
Historiquement, les premières réunions d’un nouveau président de la Fed sont abordées avec prudence, à l’image de la période où Powell a succédé à Yellen en 2018. Les marchés ont tendance à limiter les paris directionnels tant qu’ils n’ont pas de signal clair sur le biais de politique monétaire du nouveau dirigeant et sur son style de communication. Ce précédent suggère que le dollar restera cantonné dans une fourchette jusqu’à la conférence de presse du 17 juin.
Dans cette configuration, nous estimons que la meilleure approche consiste à traiter la volatilité plutôt que la direction avant la réunion du FOMC. Nous nous positionnons pour un pic de prix via l’achat de straddles ou de strangles sur les principales paires de devises, comme l’EUR/USD. Cette stratégie profite d’un mouvement ample dans un sens comme dans l’autre, ce qui paraît probable une fois que Warsh aura finalement dévoilé son jeu.