Le dollar américain a conservé de modestes gains après que la Réserve fédérale a adopté un ton plus restrictif sous la présidence de Kevin Warsh. Les marchés intègrent environ 44 pdb de resserrement d’ici le T2 2026, un niveau globalement conforme à l’ajustement suggéré par le dernier Dot Plot. Le DXY a testé le haut de sa fourchette à 12 mois à 100,50/60, et le profil inclut toujours des baisses de taux en 2027 et 2028.
La revalorisation des anticipations sur la Fed est perçue comme limitant un potentiel supplémentaire de hausse, en l’absence de catalyseur clair pour une sortie de range. La baisse des prix de l’énergie après la signature d’un accord entre les États-Unis et l’Iran, ainsi qu’un environnement favorable au risque, ont été cités comme réduisant la demande pour un dollar plus fort. La communication de politique monétaire reste au centre de l’attention : neuf des 18 membres de la Fed anticipent au moins une hausse cette année, tandis que le communiqué du FOMC, raccourci, et la conférence de presse de Warsh n’ont apporté aucune indication prospective. Des interventions de responsables de la Fed doivent débuter la semaine prochaine.
Le biais restrictif de la Fed est largement intégré, limitant les gains du dollar
Le virage restrictif de la Réserve fédérale est désormais largement intégré par le marché, ce qui limite, à ce stade, la capacité du dollar à enregistrer de nouveaux gains significatifs. Les dernières données confortent cette posture, avec une inflation sous-jacente (core CPI) de mai restée ferme à 3,7% et un dernier rapport sur l’emploi faisant état d’une hausse solide de 250 000 des créations de postes. Nous estimons que l’anticipation du marché d’environ deux hausses de taux imminentes reflète pleinement les projections de la Fed elle-même.
Nous pensons que le potentiel haussier du dollar est plafonné alors que l’indice du dollar (DXY) bute sur la zone de 100,60, sommet de sa fourchette sur 12 mois. Historiquement, la dynamique du dollar tend souvent à s’essouffler une fois la phase initiale d’un cycle de resserrement pleinement intégrée, comme lors de la période précédant le relèvement de taux de 2015. Les données de la CFTC montrent également que les positions longues sur le dollar se situent à un plus haut de six mois, suggérant que le positionnement devient chargé.
Perspective stratégique : vendre la vigueur du dollar
Dans ce contexte, vendre la force du dollar apparaît comme une stratégie attractive pour les semaines à venir. Nous envisageons de vendre des options d’achat (calls) hors de la monnaie ou de mettre en place des spreads baissiers de calls sur le DXY afin de tirer parti de cette évolution attendue en range. Le récent accord États-Unis–Iran, qui a contribué à faire baisser les prix du pétrole, atténue une pression inflationniste clé et renforce ce scénario.
En l’absence d’indications prospectives, toute l’attention se tourne désormais vers les discours des membres de la Fed prévus la semaine prochaine. Tout commentaire susceptible d’adoucir le ton actuellement restrictif pourrait provoquer un repli rapide du dollar. Nous suivrons de près ces prises de parole, qui constituent le catalyseur le plus probable d’une hausse de la volatilité sur le marché des changes.