La faiblesse du dollar s’étend
Après l’annonce, le Bloomberg Dollar Spot Index a perdu jusqu’à 1,1 % mercredi, sa plus forte baisse en une journée depuis janvier. Le dollar américain s’est affaibli face aux 16 principales devises, car les investisseurs ont réduit leurs positions longues sur le dollar (c’est-à-dire des paris sur une hausse du dollar). Le WTI (pétrole brut américain) a chuté de plus de 10 % en séance, sur des anticipations liées au détroit d’Ormuz, même si la baisse du pétrole pèse souvent sur le dollar canadien. Le pétrole s’est ensuite repris au-dessus de 97 dollars, tandis que le DXY (indice du dollar, qui mesure le dollar face à un panier de grandes devises) s’est stabilisé près de 99. Les anticipations de taux ont aussi évolué : avec un pétrole repassé sous 100 dollars, les contrats à terme (produits qui reflètent les attentes du marché) intègrent au moins une baisse de taux en 2026. Les minutes du FOMC (compte rendu de la réunion du comité de politique monétaire de la Réserve fédérale) de mars ont montré des divergences entre ceux qui envisagent une hausse et ceux qui attendent une baisse cette année. Sur le plan graphique, l’USD/CAD a cassé sous 1,3900 puis 1,3850, tandis que le RSI horaire (indicateur de momentum qui signale surachat/survente) est passé sous 30 avant de remonter vers le milieu des 40. L’indice des prix à la consommation (CPI) américain de mars est attendu vendredi : un chiffre plus faible pourrait ouvrir la voie vers 1,3750–1,3700. La forte baisse de l’USD/CAD depuis au-dessus de 1,3900 semble pour l’instant s’être arrêtée autour de 1,3800. Le CPI américain de mars publié vendredi est ressorti légèrement au-dessus des attentes, avec une inflation sous-jacente (hors énergie et alimentation) en hausse de 0,4 %, ce qui a limité la baisse du dollar. Le mouvement le plus simple — vendre le dollar après la nouvelle du cessez-le-feu — semble désormais derrière nous.La volatilité des options se normalise
Alors que la solidité du cessez-le-feu reste incertaine après les discussions du week-end à Islamabad, la volatilité implicite a fortement baissé, rendant les options moins chères. La volatilité implicite à un mois sur l’USD/CAD (niveau de variation attendu par le marché, déduit du prix des options) est passée de plus de 10 % à environ 7,5 %, un niveau plus vu depuis avant l’escalade du conflit en février. Cela peut offrir une occasion d’acheter des straddles ou des strangles : des stratégies d’options qui visent une forte variation, à la hausse ou à la baisse, sans parier sur le sens (straddle : achat d’un call et d’un put au même prix d’exercice ; strangle : call et put avec des prix d’exercice différents). Le marché a rapidement réduit ses attentes de baisse de taux de la Fed après les données d’inflation. Les contrats à terme sur les fed funds (référence des taux directeurs américains) qui donnaient brièvement 85 % de probabilité à une baisse d’ici la fin de l’année n’affichent plus qu’un scénario proche du 50/50. Cette incertitude sur la trajectoire de la Fed soutient le dollar à court terme. Le marché pétrolier ajoute aussi de l’incertitude, la baisse initiale de 10 % ayant été un mouvement réflexe. Le WTI s’est depuis stabilisé au-dessus de 97 dollars le baril, aidé par le dernier rapport de l’EIA (agence américaine de l’énergie), qui a montré une baisse inattendue des stocks américains (drawdown : diminution des stocks), et par le fait que le détroit d’Ormuz reste fermé. Cette résistance des prix a un effet ambivalent : elle soutient le dollar canadien, mais alimente aussi les craintes d’inflation mondiale qui favorisent le dollar américain. En regardant les données de positionnement de fin 2025, on sait que les positions acheteuses sur le dollar étaient très concentrées, ce qui explique l’ampleur de la baisse cette semaine. Une partie de ces positions spéculatives a été effacée, mais le marché attend maintenant un nouveau déclencheur. L’élément clé est de surveiller si le cessez-le-feu tient la semaine prochaine. Pour l’instant, la paire semble coincée entre l’effet positif d’une paix fragile et une inflation tenace. Le seuil de 1,3750 est surveillé comme support (zone où la baisse pourrait se calmer), tandis que toute reprise des tensions géopolitiques ou des propos plus restrictifs de la Fed pourrait renvoyer la paire vers 1,3900. Les spreads d’options (combinaison de plusieurs options pour limiter le risque) paraissent une approche prudente tant qu’une direction plus claire n’émerge pas.
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