Le dollar canadien s’est affaibli face au dollar américain jeudi, mais a effacé l’essentiel de ses pertes intrajournalières après des informations faisant état d’un accord Israël–Liban, qui ont ravivé l’espoir de progrès dans le plan de paix États-Unis–Iran. L’USD/CAD s’échangeait juste au-dessus de 1,3900, en repli par rapport à un plus haut de huit semaines à 1,3925, tout en restant en hausse de 0,8% sur la semaine. Le président libanais Joseph Aoun a déclaré attendre les réponses des parties à un accord avec Israël afin de mettre en œuvre le cessez-le-feu, tandis que l’appétit global pour le risque demeurait contenu.
Les statistiques américaines ont soutenu le dollar mercredi : l’ADP Employment Change a signalé des créations nettes d’emplois plus robustes en mai et l’ISM Services PMI a indiqué une activité solide, sur fond de pressions sur les prix toujours élevées, renforçant l’argumentaire en faveur d’une hausse des taux de la Réserve fédérale à court terme si l’inflation persiste. Les marchés se tournent désormais vers les inscriptions hebdomadaires au chômage aux États-Unis, alors que le rapport sur l’emploi (Nonfarm Payrolls) attendu vendredi est anticipé à 85K et que le taux de chômage est vu stable à 4,3%. Statistique Canada doit publier les chiffres de l’emploi de mai, avec une progression nette attendue de 10K après une baisse de 17,7K en avril, tandis que le taux de chômage est prévu inchangé à 6,9% ; la Banque du Canada vise une inflation de 1 à 3% et peut également recourir à l’assouplissement ou au resserrement quantitatif, tandis que les prix du pétrole et la balance commerciale restent des moteurs clés du CAD.
Divergence de politique monétaire entre la Fed et la Banque du Canada
Nous suivons de près la paire USD/CAD, qui évolue autour de 1,3910, reflétant une divergence nette des politiques des banques centrales. La Banque du Canada vient d’abaisser hier son taux directeur de 25 points de base à 4,5%, en invoquant un ralentissement de l’économie. Cette décision tranche nettement avec la position de la Réserve fédérale américaine.
Côté américain, les arguments en faveur d’un dollar fort restent solides. La dernière publication du Core PCE pour avril s’est établie à 2,8%, toujours nettement au-dessus de la cible de la Fed, ce qui conforte un scénario de taux « plus élevés plus longtemps ». L’écart de taux d’intérêt qui se creuse rend la détention de dollars américains plus attractive que celle de dollars canadiens.
S’ajoutant à la pression sur le huard, les prix du pétrole WTI sont récemment repassés sous 75 dollars le baril, sur fond d’inquiétudes concernant la demande mondiale. Le pétrole étant une exportation majeure du Canada, ce repli des prix fragilise directement l’un des principaux soutiens de la devise. Cette tendance complique davantage les perspectives économiques du Canada.
Perspectives pour l’USD/CAD et stratégies de trading
L’attention immédiate du marché se porte désormais sur les publications parallèles sur l’emploi des deux pays, attendues demain. Le consensus table actuellement sur 180 000 créations d’emplois en mai aux États-Unis, tandis que le Canada n’est attendu qu’autour de 20 000. Toute confirmation de cette divergence économique pourrait propulser l’USD/CAD encore plus haut.
Dans ce contexte, nous identifions des opportunités pour miser sur une poursuite de la hausse de l’USD/CAD au cours des prochaines semaines. Des stratégies sur dérivés, comme l’achat d’options d’achat (calls), pourraient permettre de tirer parti d’un potentiel mouvement vers le seuil psychologique de 1,4000, voire au-delà. Nous nous positionnons en anticipant une poursuite de la surperformance économique américaine.
Cet environnement rappelle la période 2015-2016, lorsque une divergence de politique monétaire similaire entre la Fed et la BdC avait entraîné une envolée de l’USD/CAD de 1,2500 à plus de 1,4500. Si l’histoire ne se répète pas à l’identique, elle offre un cadre utile pour mesurer la puissance que peuvent prendre ces tendances. Nous surveillerons les prochaines publications macroéconomiques afin de confirmer notre scénario.