L’indice du dollar américain (DXY) s’est hissé à son niveau le plus élevé depuis mai 2025 après que la Réserve fédérale a opéré son virage le plus « faucon » dans le dot plot depuis le lancement de la série en 2012. Dans les trois jours ayant suivi la réunion, le dollar a progressé de 1,5 %. Ce mouvement est intervenu dans un contexte de tensions diplomatiques, la signature d’un mémorandum d’entente (MoU) en Suisse ayant été reportée après le retrait de l’Iran, qui a invoqué des attaques israéliennes au Liban.
Les prix du pétrole, en revanche, ont fortement reculé au cours du mois écoulé, et le dernier rapport mensuel de l’AIE souligne un marché du brut en situation de surabondance susceptible de se prolonger jusqu’en 2027. L’agence attribue une partie de la faiblesse récente à l’augmentation des flux via le détroit d’Ormuz, estimant que les expéditions sont passées de 9,6 mb/j en mai à environ 12 mb/j début juin, en partie grâce à des transferts de navire à navire dans le golfe d’Oman. Alors que la désinflation énergétique pourrait se renforcer d’ici la fin de l’année et jusqu’en 2027, l’inflation américaine est présentée comme proche de son pic et de nouvelles hausses de taux de la Fed comme peu probables, tandis que la BCE est décrite comme disposant de davantage de marge pour relever ses taux compte tenu de réglages et de mandats différents. MUFG anticipe également une progression de l’EUR/USD plus tard en 2026.
Rallye du dollar porté par le virage « faucon » de la Fed
Le dollar américain a atteint un plus haut de 13 mois, l’indice Dollar (DXY) franchissant le seuil de 107,50. Ce mouvement constitue une réaction directe au dernier dot plot de la Réserve fédérale, qui a affiché un net durcissement, relevant la projection médiane du taux directeur à la fin de l’année. Le marché intègre un positionnement offensif de la Fed face à l’inflation.
Prix de l’énergie et perspectives sur l’euro : une divergence
Nous observons toutefois un décalage entre ce ton plus restrictif et la forte baisse des prix de l’énergie. Le brut WTI a chuté de plus de 15 % sur le mois, repassant sous 75 dollars le baril, et l’AIE prévoit un excès d’offre jusqu’à l’an prochain. Cela plaide pour une inflation à venir plus faible — et non plus élevée.
Nous estimons que cette vigueur du dollar offre une opportunité de se positionner en vue d’un retournement dans les prochaines semaines. Les dernières données de CPI aux États-Unis, qui montrent un reflux de l’inflation sous-jacente à 3,2 %, confortent notre scénario selon lequel l’inflation a atteint un pic et que la Fed ne relèvera pas effectivement ses taux. Le marché semble surréagir au guidage de la Fed, un schéma déjà observé fin 2018, lorsque une Fed très « faucon » avait rapidement changé de cap.
Dans le même temps, la Banque centrale européenne fait face à une inflation des services plus persistante, toujours supérieure à 4 %, ce qui augmente la probabilité d’une nouvelle hausse de taux de sa part. Cette divergence de politique monétaire devrait soutenir l’EUR/USD, qui peine actuellement sous 1,0600. Nous chercherions des opportunités de renforcer des positions longues sur l’EUR/USD en vue d’un rebond plus tard cette année.