Les États-Unis ont enregistré un déficit budgétaire mensuel de 293 Md$ en mai, selon le dernier communiqué mensuel sur le budget. Ce chiffre se compare aux attentes du marché, qui tablaient sur un déficit de 275 Md$, soit une réalisation supérieure de 18 Md$ aux prévisions.
La publication indique un solde budgétaire plus dégradé qu’anticipé sur le mois. Elle alourdit la photographie à court terme des finances publiques, alors que le gouvernement fédéral continue d’afficher un déficit élevé par rapport aux attentes.
Implications pour les marchés des Treasuries et la politique de taux
Le déficit budgétaire, plus important que prévu, de 293 Md$ suggère que les besoins de financement de l’État augmentent davantage qu’anticipé. Nous estimons que cela mettra une pression haussière sur les rendements des Treasuries dans les prochaines semaines. Le Trésor devra probablement émettre davantage de dette pour couvrir ce manque à gagner, augmentant l’offre d’obligations sur le marché.
Ce dérapage budgétaire intervient alors que le ratio dette/PIB des États-Unis est déjà élevé, proche de 124% selon des données récentes du deuxième trimestre 2026. Des déficits durablement importants peuvent être perçus comme inflationnistes, compliquant potentiellement les efforts de la Réserve fédérale pour maintenir la stabilité des prix. Cela ajoute une couche d’incertitude supplémentaire pour la politique de taux d’ici la fin de l’année.
Dans ce contexte, nous nous intéressons aux dérivés pour nous positionner en faveur d’une hausse des taux. L’achat de puts sur les contrats futures sur T-Notes à 10 ans (ZN) ou l’utilisation d’options sur le SOFR pourraient constituer une stratégie efficace pour tirer parti d’une baisse des prix obligataires. Historiquement, les périodes d’élargissement des déficits budgétaires sans boom économique concomitant ont conduit à un pentification de la courbe des taux.
Stratégies de marché et de change face au dérapage budgétaire
Des taux plus élevés constituent généralement un frein pour le marché actions en renchérissant le coût du financement et en rendant les obligations plus attractives en alternative. Nous envisageons donc des puts de protection sur les grands indices, comme le S&P 500. Une hausse de la volatilité anticipée pourrait aussi rendre des options d’achat (calls) sur l’indice VIX opportunes comme couverture contre un potentiel repli des marchés.
Les perspectives du dollar américain sont moins lisibles, pris entre l’attrait de rendements potentiellement plus élevés et la détérioration des fondamentaux budgétaires. Les récentes adjudications du Trésor américain ont montré une demande légèrement moins robuste, avec des ratios de couverture (bid-to-cover) repassant sous la moyenne à 12 mois de 2,5. Nous surveillerons les options sur des ETF de change comme UUP afin de détecter les signes d’une cassure directionnelle nette avant de prendre une position significative.