Les minutes de la réunion d’avril de la Banque centrale européenne (BCE) montrent que les décideurs ont jugé que les risques haussiers sur l’inflation et les risques baissiers sur la croissance s’étaient intensifiés, certains membres avertissant que la faiblesse pourrait persister bien au-delà de la fin du conflit. Ils ont estimé que l’épisode actuel correspondait à un choc négatif d’offre « classique », distinct de la situation de 2022. Le choc sur les prix de l’énergie a été décrit comme non seulement important mais de plus en plus persistant, avec un risque de diffusion à une dynamique inflationniste plus large, tandis que davantage d’informations sur son impact étaient attendues d’ici juin.
Dans le même temps, les comptes rendus indiquent qu’il y avait peu d’éléments prouvant que la hausse des prix de l’énergie provoquait des effets de second tour, et qu’il était trop tôt pour en observer côté consommateurs, les négociations salariales devant d’abord avoir lieu. Certains membres ont dit qu’ils ne se seraient pas opposés à une hausse des taux, et d’autres ont jugé de plus en plus improbable qu’une approche consistant à « regarder au travers » sans action de politique monétaire reste appropriée, la décision étant qualifiée de serrée. Les minutes ont également relevé des arguments selon lesquels les risques de désancrage s’étaient à nouveau manifestés ; un accord définitif mettant fin à la guerre n’était pas censé entraîner un retournement rapide des risques inflationnistes. Sur les marchés, l’EUR/USD évoluait légèrement au-dessus de 1,1600, en baisse de 0,12% sur la séance.
Défis de politique monétaire de la BCE et implications de marché
Nous constatons que les décideurs reconnaissent que les risques d’inflation deviennent plus persistants, augmentant la probabilité d’une diffusion à une dynamique de prix plus générale. Les données flash récentes pour mai ont montré que l’inflation en zone euro reste tenace à 3,1%, bien au-dessus de l’objectif de la banque centrale. Avec une progression des salaires négociés ressortie à 4,2% au premier trimestre 2026, le risque d’effets de second tour constitue désormais une préoccupation clairement identifiée.
Cela suggère de se positionner en faveur de taux d’intérêt à court terme plus élevés, car il devient de plus en plus improbable que la BCE puisse maintenir sa posture actuelle. En observant le cycle de hausse 2022-2023, nous avons vu qu’une fois le consensus déplacé, l’action de politique monétaire a suivi de manière décisive. En conséquence, payer du fixe sur des swaps de taux à court terme ou vendre des contrats futures Euribor sur les prochains trimestres pourrait s’avérer profitable.
Opportunités sur le FX et les marchés de volatilité
La perspective d’une hausse de taux crée également des opportunités sur les marchés des changes, notamment si d’autres banques centrales restent en pause. Nous pensons que l’achat d’options d’achat (calls) sur EUR/USD constitue une stratégie prudente pour s’exposer à un euro plus fort tout en limitant le risque de baisse. Avec la paire qui s’échange actuellement autour de 1,0950, viser des strikes au-dessus de 1,1100 pour le troisième trimestre semble raisonnable.
Étant donné que plusieurs membres ont déjà plaidé pour un resserrement, toute décision à venir a de fortes chances d’être « serrée », ce qui plaide pour une volatilité de marché accrue. L’indice de volatilité Euro STOXX 50 (VSTOXX) évolue à un niveau relativement bas de 14, faisant des options un moyen peu coûteux de traiter cette incertitude. Nous voyons de la valeur dans l’achat de straddles sur l’euro ou sur les principaux indices actions européens à l’approche de la réunion de politique monétaire de juin.