Le Brent et le WTI ont prolongé leur repli, enfonçant davantage le brut sous 100 dollars le baril, les marchés intégrant des anticipations d’abondance de l’offre en provenance du Golfe. DBS Group Research a évoqué une file d’attente de près de 2 000 navires attendant de pouvoir quitter le Golfe, une dynamique qui accentue la pression sur les prix du pétrole.
Le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent a déclaré que les prix du pétrole devraient retomber sous leurs niveaux d’avant-conflit, tandis que des incertitudes persistent autour des négociations avec l’Iran et du statut du détroit d’Ormuz. Même si les prix de l’énergie en une des journaux se détendent, le rapport souligne des effets de second tour sur la logistique mondiale, liés à une fermeture du détroit d’Ormuz depuis plusieurs mois, dont les répercussions commencent déjà à se diffuser aux biens intermédiaires.
Les prix du pétrole reculent face à l’afflux d’offre et aux inquiétudes sur la demande
Nous constatons que les prix du brut poursuivent leur forte baisse, le Brent s’échangeant désormais autour de 95 dollars le baril, nettement sous le seuil des 100 dollars. Le marché anticipe clairement un afflux massif d’offre, alors que près de 2 000 navires se préparent à quitter le Golfe. Nous pensons que les prix pourraient repasser sous le niveau de 85 dollars observé avant le début du conflit d’Ormuz l’an dernier.
Cette lecture baissière est confortée par les dernières données signalant un ralentissement mondial. Le dernier indice Caixin PMI manufacturier de la Chine, par exemple, a reculé de manière inattendue à 49,8, indiquant une contraction de la demande dans le plus grand pays importateur de pétrole. Parallèlement, le rapport de l’EIA de la semaine dernière a fait état d’une hausse surprise des stocks de brut américains de 4,2 millions de barils, suggérant que l’offre devance déjà la demande.
Au vu de cette perspective, nous estimons que se positionner pour une poursuite de la baisse est la bonne stratégie pour les prochaines semaines. Nous envisageons d’acheter des options de vente (« puts ») sur les échéances de juillet et d’août afin de tirer parti d’un repli des prix. Vendre des contrats à terme sur le pétrole brut (« short ») constitue également une stratégie possible, quoique plus risquée, pour les traders à l’aise avec l’effet de levier.
Stratégie de marché et risques dans un contexte d’incertitudes géopolitiques
Cet environnement rappelle fortement l’effondrement des prix de 2014, tiré par l’offre, lorsque la décision de l’Opep de ne pas réduire sa production avait provoqué une chute des cours pendant des mois. L’histoire montre que lorsque le sentiment sur l’offre devient aussi négatif, la dynamique baissière peut être forte et rapide. Nous nous préparons à une période de faiblesse durable des prix à mesure que ces nouveaux volumes arriveront sur le marché.
Nous devons toutefois rester vigilants face aux négociations en cours avec l’Iran et à la stabilité fragile dans le détroit d’Ormuz. Une rupture soudaine des discussions pourrait déclencher un violent retournement des prix, alimentant un important rachat de positions vendeuses (« short squeeze »). Pour cette raison, recourir à des stratégies optionnelles à risque défini, comme des spreads baissiers via options de vente (« bear put spreads »), peut être plus prudent que de conserver des positions vendeuses nues.
Même si les prix de l’énergie en première lecture reculent, nous surveillons les effets secondaires sur l’inflation et la logistique. La perturbation du transport maritime, qui dure depuis des mois, commence déjà à se répercuter sur le coût des biens intermédiaires. Cela pourrait créer des opportunités de trading dans des secteurs qui bénéficient d’un pétrole moins cher, tout en devant composer avec des coûts de transport encore élevés.