Anticipations d’inflation et choc pétrolier
Avant le rapport, les prévisions tablaient sur un CPI à 3,3% sur un an et 0,9% sur un mois, et sur un CPI « core » à 0,3% et 2,7%. Le scénario retenu associait une inflation plus élevée à la hausse du pétrole, après une frappe États-Unis–Israël contre l’Iran. Depuis le 28 février, le West Texas Intermediate (WTI, référence du pétrole américain) gagnait environ 40% malgré l’annonce d’un cessez-le-feu de deux semaines. En mars, le WTI a bondi de près de 50%, d’environ 67 dollars le baril à près de 100 dollars en fin de mois. Les marchés intégraient environ 75% de probabilité que la Fed (Réserve fédérale américaine, banque centrale) maintienne ses taux entre 3,5% et 3,75% d’ici la fin de l’année, contre 17% le 9 mars. Les niveaux mentionnés sur l’EUR/USD étaient 1,1730, 1,1800, 1,1900, avec des « supports » (zones de prix où la baisse a tendance à ralentir) à 1,1650, 1,1560 et 1,1500.Négocier dans un régime de forte volatilité
Le rapport d’inflation de mars confirme une inflation globale à 3,3% sur un an, principalement liée à la flambée du pétrole depuis fin février, sur fond de conflit. L’inflation sous-jacente, elle, reste élevée à 2,6% et constitue l’indicateur le plus suivi, car elle reflète mieux la tendance de fond. Cela complique la tâche de la Fed. Même si le pétrole WTI a légèrement reculé autour de 92 dollars le baril cette semaine, il reste très au-dessus des niveaux d’avant-crise début 2025, généralement sous 75 dollars. Ce maintien à un niveau élevé laisse penser que l’inflation globale ne ralentira pas rapidement. Point clé pour les prochaines semaines : se positionner sur l’incertitude. Le VIX (indice de volatilité du S&P 500, souvent appelé « indicateur de la peur », car il mesure la volatilité implicite attendue) reste élevé autour de 21, signe de nervosité face au risque de nouvelle escalade au Moyen-Orient. C’est un contraste net avec le calme observé pendant l’essentiel de 2025. Les options (contrats donnant le droit, mais pas l’obligation, d’acheter ou de vendre à un prix fixé) sur les contrats à terme de taux d’intérêt (futures, contrats standardisés) peuvent servir à se préparer au prochain mouvement de la Fed. L’outil CME FedWatch (baromètre des anticipations de marché sur les taux de la Fed) indique désormais 9% de probabilité d’une hausse de taux d’ici septembre, alors que cette probabilité était nulle il y a deux mois. Une stratégie de « strangle » (achat simultané d’une option d’achat et d’une option de vente, toutes deux hors du prix actuel, pour profiter d’un mouvement marqué dans un sens ou dans l’autre) peut être adaptée si la Fed surprend. Le marché de l’énergie est la voie la plus directe pour exprimer un risque géopolitique. La volatilité implicite (volatilité attendue par le marché, intégrée dans le prix des options) sur les options WTI est élevée, mais les options d’achat offrent une approche au risque limité si le cessez-le-feu échoue et que le pétrole repasse au-dessus de 100 dollars. À l’inverse, un accord durable ferait baisser le pétrole et favoriserait les options de vente. Le marché des changes, notamment l’EUR/USD, restera sensible. Le dollar pourrait se renforcer si une inflation énergétique persistante pousse la Fed à adopter un ton plus « hawkish » (plus favorable à des taux élevés pour combattre l’inflation) que la BCE. Des options sur l’EUR/USD peuvent permettre de viser un retour vers la zone de support 1,1500.
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