L’AUD/USD reste sous pression alors qu’il se rapproche de 0,69 et du creux mars–avril vers 0,6833, alors même que l’écart de taux à 2 ans s’est resserré à 39 pb après un retracement de plus de 80 pb depuis mars. Le spot a accusé un retard sur le mouvement des spreads obligataires, tandis que la faiblesse des métaux industriels, dont le minerai de fer, a accentué les risques baissiers. La paire est passée sous sa moyenne mobile à 50 jours (50-DMA), désormais à 0,7130, et dérive vers le point bas de mars autour de 0,6850/0,6830 ; en cas de rebond, le sommet hebdomadaire proche de 0,7020 pourrait plafonner le potentiel haussier.
L’inflation australienne a ralenti à 4,0% en glissement annuel en mai contre 4,2%, tandis que l’inflation sous-jacente s’est accélérée à 3,6% contre 3,4%. Une dernière publication d’inflation pour juin est attendue avant la réunion d’août de la RBA, et les anticipations sur le marché monétaire sont restées modérées, avec une probabilité implicite d’environ 55% d’une hausse de 25 pb d’ici la fin de l’année ; les chiffres de l’emploi sont attendus demain. Les flux structurels demeurent également un vent contraire : selon les données de l’APRA, la couverture de change des actions détenues à l’étranger a reculé de 0,4 point à 23,2% au T1, laissant la devise plus exposée si les anticipations sur la Fed restent restrictives.
Divergence et matières premières pèsent sur l’AUD/USD
Nous suivons l’AUD/USD qui prolonge sa baisse en direction de la zone de support à 0,6830. La paire accuse nettement le coup face au resserrement marqué du spread de taux à 2 ans, désormais réduit à seulement 39 points de base. Ce type de divergence — lorsque la devise ne suit pas les anticipations de taux — signale souvent une faiblesse sous-jacente.
Le repli des métaux industriels n’arrange rien. Les prix du minerai de fer sur la bourse de Dalian sont récemment passés sous le seuil clé des 100 dollars, et évoluent désormais autour de 98 dollars la tonne. Cela pèse sur le sentiment autour de cette devise liée aux matières premières et met en danger les plus bas de mars-avril.
Les données domestiques et les flux structurels accentuent la pression
Les statistiques domestiques apportent peu de soutien : l’inflation globale du mois dernier a ralenti à 4,0% alors même que le noyau a légèrement accéléré. Plus important encore, le dernier rapport sur l’emploi a montré un taux de chômage en hausse à 4,2%, signe d’un refroidissement du marché du travail. Cela complique la justification d’un nouveau relèvement de taux par la RBA et limite le potentiel du dollar australien.
Il ne faut pas sous-estimer la pression vendeuse structurelle liée à l’importance des fonds de pension australiens (superannuation). Ces fonds continuent de réduire leurs couvertures de change sur les actifs détenus à l’étranger. Concrètement, cela revient à vendre du dollar australien, en pariant sur un affaiblissement supplémentaire afin d’améliorer les rendements offshore.
Cet environnement, où l’appétit pour le risque prend le pas sur les différentiels de taux, rappelle le début de 2020, lorsque les fondamentaux s’étaient désorganisés. Pour les traders, acheter des options put sur l’AUD/USD afin de se protéger contre une cassure sous 0,6830 peut constituer une stratégie prudente. La hausse de la volatilité rend la détention d’options plus attractive que la vente à découvert du spot.
À ce stade, la trajectoire la plus probable reste orientée à la baisse. Si le niveau de 0,6830 cède, le mouvement baissier pourrait s’accélérer. Tout rebond dans les prochaines semaines devrait buter sur une résistance significative vers 0,7020, zone susceptible d’offrir une opportunité d’initier de nouvelles positions vendeuses.