Appétit pour le risque et choc pétrolier
Les marchés intégraient une hausse des taux de la RBA (banque centrale d’Australie) à 4,35 % ou plus lors de la réunion de mai, sur fond de hausse des coûts de l’énergie. En Australie, le PMI composite S&P Global de mars (indice d’activité des entreprises ; sous 50 = contraction) a reculé à 46,6 contre 47, tandis que l’indicateur d’inflation TD-MI (mesure privée de l’évolution des prix) a progressé de 1,3 % sur un mois et le taux annuel est monté à 4,3 % contre 3,6 %. La pause a été annoncée avant une échéance fixée à mercredi minuit GMT par le président Trump. Le Premier ministre pakistanais a facilité l’accord, et Téhéran a transmis une proposition en 10 points, après avoir rejeté plus tôt un cessez-le-feu de 45 jours. Les futures sur le S&P 500 ont pris 1,1 % et ceux du Nasdaq 1,2 %, ce qui a réduit la demande de dollar américain, valeur refuge (monnaie recherchée en période d’incertitude). En février, les commandes de biens durables aux États-Unis (dépenses en équipements destinés à durer) ont baissé de 1,4 %, tandis que la mesure hors transports (moins volatile) a augmenté de 0,8 %. La publication des minutes du FOMC (compte rendu de la réunion de la Réserve fédérale) est attendue mercredi, avec des interventions de responsables de la Fed, Daly et Waller. Les opérateurs surveillent une reprise des expéditions via le détroit d’Ormuz, après quatre changements d’échéance depuis fin février. Sur le plan technique, l’oscillateur stochastique (indicateur de momentum ; proche de « suracheté » quand la hausse est jugée trop rapide) approche d’une zone de surachat. Un maintien au-dessus de 0,7000 pourrait viser 0,7120, tandis qu’un retour sous 0,6970 pourrait remettre 0,6900 au centre de l’attention.Leçons du rally d’avril 2025
Le fort rally de l’AUD/USD début avril 2025 illustre la sensibilité de la paire aux chocs géopolitiques et aux variations de l’appétit pour le risque. La désescalade entre les États-Unis et l’Iran avait fait plonger le pétrole, modifiant nettement les anticipations d’inflation et donc la trajectoire de la RBA. Il faut s’attendre à une volatilité comparable : toute surprise positive sur le plan diplomatique peut déclencher des rachats rapides de positions en dollar dites « refuge ». La dynamique de l’an dernier — baisse de l’énergie et moindre pression sur la RBA — contraste avec la situation actuelle. La RBA maintient désormais son taux directeur (cash rate, principal taux d’intervention) à 4,35 % depuis sept réunions, alors que l’inflation sous-jacente « Trimmed Mean » (mesure qui exclut les variations extrêmes pour lisser les données) n’a ralenti qu’à 3,7 %, encore au-dessus de la cible. Dans ce contexte, une chute des matières premières pourrait donner à la RBA la marge nécessaire pour adopter un ton plus accommodant, un signal susceptible d’alimenter des paris sur des baisses de taux via des swaps de taux (contrats financiers échangeant taux fixe et taux variable, utilisés pour se couvrir ou spéculer). L’expérience de 2025 montre que les titres peuvent déclencher de grands mouvements, mais que la confirmation compte — à l’époque, c’était la reprise effective du trafic maritime. Aujourd’hui, le dollar reste soutenu par une Fed prudente tant que l’inflation PCE « core » (inflation sous-jacente suivie par la Fed, hors alimentation et énergie) reste à 3,0 %. Il vaut donc mieux éviter de poursuivre des hausses uniquement liées aux gros titres. Une approche consiste à utiliser des options (contrats donnant le droit, et non l’obligation, d’acheter ou vendre) pour encadrer le risque, par exemple en achetant des « call spreads » AUD/USD à courte maturité (stratégie combinant achat et vente d’options d’achat pour réduire le coût) afin de viser un potentiel surprenant à la hausse sans exposition totale si le mouvement se retourne. La chute du WTI de plus de 106 dollars à moins de 90 dollars a été le moteur principal du mouvement de 2025, avec un impact direct sur les termes de l’échange de l’Australie (rapport entre prix des exportations et des importations) et sur les anticipations d’inflation. Alors que le WTI évolue actuellement près de 92 dollars, porté par une offre tendue et une demande mondiale stable, la baisse d’environ 15 % en quelques séances l’an dernier reste un repère important. Les traders exposés à la hausse de l’énergie peuvent envisager des options de vente (« puts », instruments profitant d’une baisse) sur les contrats à terme pétroliers (futures, contrats standardisés) pour protéger le portefeuille en cas de percée géopolitique qui augmenterait l’offre sur le marché. D’un point de vue technique, le rally de 2025 avait vu l’AUD/USD franchir nettement sa moyenne mobile 200 périodes sur le graphique quatre heures, un niveau qui faisait résistance (zone où les hausses butent souvent). Cela montre que le sentiment peut invalider rapidement des schémas techniques, transformant d’anciens plafonds en nouveaux supports (zone où les replis trouvent des acheteurs). On peut en tirer une méthode simple : placer des alertes autour des grandes moyennes mobiles, et si un épisode « risk-on » (prise de risque généralisée) pousse le cours au-dessus de l’une d’elles, l’utiliser comme signal d’entrée avec un stop-loss (ordre de protection limitant la perte) juste en dessous de cette même moyenne.
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