L’AUD/USD a glissé vers 0,7040 mardi, peinant à préserver le soutien initial apporté par la bonne surprise du commerce extérieur chinois en mai. L’indice de confiance des consommateurs Westpac en Australie s’est retourné, reculant à -2,9 % en juin contre 3,5 % auparavant, et la paire évoluait en dernier lieu près de 0,7042. La Chine a fait état d’exportations en hausse de 19,4 % sur un an et d’importations en hausse de 27,4 % sur un an, tandis que l’excédent commercial s’est élargi à 105,43 milliards de dollars. La demande de biens de haute technologie, de semi-conducteurs et de produits liés à l’IA a porté l’essentiel de l’amélioration.
Malgré tout, ces chiffres plus solides n’ont pas soutenu durablement le dollar australien, les marchés intégrant un essoufflement des exportations hors technologie et des perspectives fragiles pour la consommation intérieure chinoise. Sur le graphique 4 heures, l’AUD/USD reste sous les moyennes mobiles simples (SMA) 20 et 100 périodes à 0,7080 et 0,7136, ce qui maintient un biais baissier. Le RSI évolue au milieu des 30, tandis que des résistances sont identifiées à 0,7047 et 0,7063 ; les supports se situent à 0,7041 et 0,7033.
Faiblesse économique australienne et tableau du commerce chinois
Compte tenu du recul de la confiance des ménages en Australie, nous anticipons un biais baissier sur l’AUD à court terme. La baisse à -2,9 % suggère une intensification des pressions économiques domestiques, ce qui devrait peser sur la devise. Cette faiblesse interne prime sur les éventuelles bonnes nouvelles venues de l’étranger.
Pour étayer cette analyse, nous rappelons que les dernières données trimestrielles d’inflation (avril) ont montré un IPC global de 3,6 %, toujours obstinément au-dessus de la cible de la banque centrale. La Reserve Bank of Australia maintient son taux directeur à 4,35 % depuis plusieurs mois, et cette dégradation du sentiment réduit la probabilité de nouvelles hausses. Cela crée un contexte difficile pour le dollar australien.
Les solides données commerciales chinoises envoient un signal contraire, mais ce sont les détails qui comptent. La hausse a été tirée par les exportations high-tech, tandis que la demande intérieure plus large en Chine semble fragile, comme en témoigne le récent ralentissement du PMI Caixin des services à 52,5. Historiquement, le sort de l’AUD est davantage lié à la demande chinoise de matières premières en vrac, elle-même corrélée à la construction et à l’industrie domestiques, plutôt qu’aux seules exportations technologiques.
Divergence de croissance aux États-Unis et stratégie de trading
De l’autre côté de la paire, l’économie américaine fait preuve de résilience. Le dernier rapport sur l’emploi de mai 2026 a montré 272 000 créations de postes, bien au-delà des attentes, et une progression des salaires qui reste ferme. Cette vigueur persistante signifie que la Réserve fédérale a peu de chances de baisser rapidement ses taux, ce qui crée une divergence de politique monétaire favorable à un USD plus fort.
Au vu de ces éléments, nous privilégions des stratégies visant à profiter d’un repli de l’AUD/USD. L’achat d’options de vente (puts) avec un prix d’exercice sous le seuil psychologique clé de 0,7000 paraît judicieux. Nous ciblons en particulier des échéances juillet 2026 afin de laisser au scénario le temps de se matérialiser au cours des prochaines semaines.
Nous utiliserons les niveaux techniques mentionnés comme guide de gestion du risque. Une cassure durable au-dessus de la moyenne mobile 100 périodes autour de 0,7136 indiquerait que notre thèse baissière est invalidée. En conséquence, nous pourrions envisager des spreads baissiers de type bear put spread afin de réduire le coût initial et de borner le risque maximal de la position.