Mandat de la Banque centrale européenne
La Banque centrale européenne (BCE), basée à Francfort, fixe les taux d’intérêt et conduit la politique monétaire dans la zone euro. Son objectif principal est la stabilité des prix, avec une inflation proche de 2%, surtout en remontant ou en baissant les taux. Les décisions de politique monétaire sont prises par le Conseil des gouverneurs de la BCE lors de huit réunions par an. Il réunit les gouverneurs des banques centrales nationales et six membres permanents, dont la présidente de la BCE. L’assouplissement quantitatif (QE) consiste pour la BCE à créer des euros pour acheter des actifs, généralement des obligations d’État ou d’entreprises. Cela pousse en général l’euro à la baisse. Il a été utilisé en 2009–2011, en 2015 et pendant la pandémie de Covid. Le resserrement quantitatif (QT) est l’inverse du QE: la BCE arrête les achats d’obligations et ne réinvestit plus les montants quand les obligations arrivent à échéance. Le QT soutient en général l’euro.Forces contraires entre marché et politique
La récente phrase de Mme Lagarde, disant qu’elle est « toujours inquiète », doit être comprise comme un signal d’attention, pas comme de la panique. Les estimations rapides d’Eurostat montrent une inflation globale encore élevée à 2,7%, nettement au-dessus de l’objectif de 2%. Cela suggère que la BCE pourrait conserver plus longtemps une politique monétaire restrictive (taux élevés et conditions de crédit plus strictes). Les tensions géopolitiques, notamment autour du détroit d’Ormuz, ajoutent un risque important. Le Brent, un prix de référence du pétrole en Europe, a dépassé 95 dollars le baril, ce qui alimente l’inflation. La BCE ne peut pas agir directement sur un choc pétrolier avec les taux. Relever encore les taux pour freiner une inflation liée à l’énergie pourrait pénaliser la croissance. L’euro tient pour l’instant près de 1,1633, mais cela semble davantage lié à un affaiblissement général du dollar qu’à une force propre de l’euro. Le taux directeur de la BCE à 4,25% apporte un soutien. En revanche, la vente mondiale d’obligations, qui a poussé le rendement du Bund allemand à 10 ans (taux d’intérêt de référence des obligations d’État allemandes) au-dessus de 3,1%, traduit une forte tension sur les marchés. Ces forces opposées — une BCE ferme sur l’inflation et, en face, les risques géopolitiques et de ralentissement — rendent les marchés plus instables. Dans ce contexte, les investisseurs peuvent privilégier des approches qui profitent des variations de prix, plutôt que de parier sur un seul sens pour l’euro. Après la pandémie, la BCE est passée d’achats massifs d’actifs (QE) à une hausse rapide des taux pour freiner la poussée d’inflation de 2023 et 2024. Cela montre qu’elle peut agir vite, mais la combinaison actuelle des risques rend la suite difficile à prévoir.
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