Les chiffres britanniques du crédit et des prêts immobiliers, combinés à des rendements élevés sur le segment court de la courbe, ont été présentés comme des facteurs compatibles avec un biais de resserrement supplémentaire de la Banque d’Angleterre (BoE). Le commentaire a cité une posture « hawkish » de Megan Greene, membre du Monetary Policy Committee (MPC), et a évoqué la possibilité qu’une hausse de 25 pdb soit envisagée pour la réunion du 18 juin, aux côtés de l’économiste en chef Huw Pill.
La même analyse jugeait toutefois un mouvement en juin comme moins probable, tout en positionnant le 30 juillet comme la fenêtre d’action la plus plausible si l’incertitude persiste ; elle indiquait que ce scénario est valorisé par le marché à une probabilité de 50/50, laissant un potentiel de hausse supplémentaire des rendements de marché, en particulier à l’avant de la courbe. Des rendements plus élevés au Royaume-Uni étaient décrits comme un soutien pour la livre sterling, notamment face à l’euro, même si des risques politiques et budgétaires domestiques ont été cités comme des freins potentiels aux gains de change induits par les taux.
Arguments en faveur d’un nouveau resserrement de la Banque d’Angleterre
Nous voyons de solides raisons pour que la Banque d’Angleterre envisage une nouvelle hausse de taux, potentiellement dès la réunion du 30 juillet. Le marché ne valorise actuellement ce scénario qu’à 50/50, ce que nous considérons comme une opportunité. Cette valorisation paraît trop faible au regard de la persistance des pressions inflationnistes.
Les données récentes plaident pour une posture plus « hawkish » : le dernier rapport de l’Office for National Statistics montre que l’inflation des services au Royaume-Uni pour avril 2026 s’est maintenue à 5,5%, bien au-dessus de l’objectif de 2%. Par ailleurs, les statistiques « Money and Credit » de la Banque d’Angleterre indiquent que les approbations de prêts immobiliers ont augmenté à 71 000, un plus haut de 18 mois, signalant un marché du logement résilient et une demande de crédit toujours soutenue. Ces chiffres suggèrent que les pressions sous-jacentes ne se sont pas suffisamment atténuées pour que la Banque puisse relâcher sa politique.
Implications de marché et risques pour la livre sterling
Pour les opérateurs sur dérivés, cela plaide pour un positionnement en faveur de taux d’intérêt britanniques à court terme plus élevés dans les prochaines semaines. Il existe un potentiel clair de remontée des rendements sur le segment court, à mesure que le marché réajuste la probabilité d’une hausse en juillet. Cela suggère que les options ou contrats futures indexés sur le taux SONIA arrivant à échéance après la réunion de juillet pourraient être sous-évalués.
Cet environnement devrait soutenir la livre, en particulier face à l’euro, où la politique monétaire paraît plus stabilisée. La Banque centrale européenne a signalé une trajectoire plus prudente, créant une divergence de politique monétaire favorable à la livre. Nous avons observé une dynamique similaire en 2023, lorsque une posture « hawkish » inattendue de la BoE avait provoqué une forte appréciation du GBP/EUR.
Dans ce contexte, nous considérons que des options d’achat (calls) sur GBP/EUR constituent un moyen efficace de se positionner sur un potentiel raffermissement de la livre à l’approche de la décision du 30 juillet. Cette stratégie permet de bénéficier d’une hausse du taux de change tout en limitant le risque de baisse. La valorisation actuelle du marché pourrait ne pas refléter pleinement la probabilité croissante d’une hausse de taux.
Il convient toutefois de rester attentif aux vents contraires potentiels liés à la politique intérieure et aux incertitudes budgétaires associées. Des évolutions politiques inattendues ou des changements de politique budgétaire pourraient perturber ce scénario. Ces facteurs pourraient encore limiter l’appréciation de la livre, même si la Banque d’Angleterre relève effectivement ses taux.