Pressions sur la roupie : pétrole plus cher et sorties de capitaux
Le passage de l’Inde d’un brut russe vendu avec remise à des barils du Moyen-Orient plus coûteux, dans le cadre d’un accord commercial avec les États-Unis, a renforcé la pression sur les coûts d’importation. Cela accroît la demande de dollars. Les autorités ont intensifié le soutien à la roupie via des interventions directes sur le marché des changes (achat/vente de devises par la banque centrale) et en demandant aux banques de déboucler des positions spéculatives « longues » en dollar (paris visant un dollar plus fort). Les règles d’importation d’or ont aussi été durcies pour réduire la demande de dollars. Le gouvernement a relevé le droit de douane sur l’or (taxe à l’importation) à 15 % contre 6 % et fixé un plafond de 100 kg par licence dans le cadre du mécanisme d’« autorisation préalable » (régime permettant d’importer certains biens sous conditions). Un allègement de l’impôt sur les plus-values (taxe sur les gains) pour les détenteurs étrangers d’obligations est également à l’étude. Si les prix du pétrole restent élevés, la roupie devrait rester sous pression, la banque centrale cherchant surtout à limiter la volatilité (variations rapides) plutôt qu’à empêcher totalement la dépréciation.Conséquences pour le trading : volatilité USD/INR
La roupie indienne continue de faire face à des vents contraires, comme en 2025, avec d’importantes sorties de capitaux actions et des coûts d’importation élevés. Le Brent (référence mondiale du pétrole) est récemment remonté autour de 95 dollars le baril, ce qui renforce à nouveau la pression liée à la facture pétrolière de l’Inde. Cela montre que les facteurs qui affaiblissent l’INR (code de la roupie) n’ont pas disparu. Pour les intervenants sur les produits dérivés (contrats dont la valeur dépend d’un actif sous-jacent), ce contexte suggère une volatilité durable sur la paire USD/INR (taux de change dollar/roupie). Étant donné la préférence historique de la Reserve Bank of India pour lisser la baisse plutôt que de l’arrêter, des stratégies pouvant profiter d’une dépréciation graduelle peuvent être privilégiées. L’achat d’options d’achat (call : droit d’acheter à un prix fixé à l’avance) sur USD/INR peut donner une exposition à une nouvelle faiblesse de la roupie tout en limitant le risque de baisse à la prime payée. Aucun retournement significatif des investissements de portefeuille étrangers (achats/ventes de titres financiers par des non-résidents) ne se dessine, ce qui serait pourtant nécessaire à une reprise durable de la roupie. Après un ralentissement des sorties fin d’année dernière, les données récentes indiquent que les investisseurs étrangers sont redevenus vendeurs nets en avril 2026, retirant environ 2 milliards de dollars des actions indiennes. Cette pression vendeuse rend un rebond marqué peu probable à court terme. La RBI reste un acteur central, intervenant pour contenir les mouvements excessifs, mais ses actions ne suffisent pas à elles seules. Les réserves de change (stock de devises et d’actifs en devises détenu par la banque centrale) seraient descendues autour de 620 milliards de dollars, ce qui illustre le coût de la défense de la monnaie. Les interventions devraient donc limiter les à-coups, sans inverser la tendance de fond tant que le pétrole reste élevé. Malgré la pression sur la devise, des fondamentaux macroéconomiques solides (indicateurs globaux : croissance, inflation, finances publiques), avec une croissance du PIB (produit intérieur brut) attendue près de 6,8 %, offrent un soutien. Une baisse rapide et durable des prix du pétrole ou un changement net du sentiment des investisseurs étrangers pourrait modifier cette perspective. À ce stade, le scénario le plus probable demeure une roupie stable à légèrement plus faible.
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