La Banque de réserve d’Australie (RBA) a maintenu le taux directeur (Official Cash Rate) à 4,35 % à l’issue de la réunion de juin, une décision unanime faisant suite à trois relèvements successifs de 25 pdb plus tôt dans l’année. La gouverneure Michele Bullock a déclaré que l’inflation reste trop élevée et que la demande doit ralentir pour que les pressions sur les prix s’atténuent, tout en soulignant que le Conseil n’a pas envisagé une hausse des taux lors de cette réunion. Elle a réitéré qu’un durcissement supplémentaire demeure possible si nécessaire et a indiqué que la Banque ne prévoit pas de contraction de l’activité ce trimestre. La RBA a ajouté que les anticipations d’inflation à court terme se sont modérées mais restent supérieures à leurs niveaux antérieurs, et a mis en avant l’incertitude persistante autour de l’activité domestique et de l’inflation, dans un contexte de conditions financières plus restrictives après les relèvements récents et d’une inflation attendue élevée pendant encore un certain temps.
La réaction du marché a été limitée mais défavorable à la devise, l’AUD/USD reculant de 0,27 % sur la séance à 0,7155 après la décision. Les dernières données montrent une croissance du PIB de 0,3 % en glissement trimestriel au T1, contre 0,5 % attendu, avec une progression annuelle de 2,5 % contre 2,7 % anticipé. Le taux de chômage s’établit à 4,5 %, tandis que l’IPC mensuel a augmenté de 0,4 % en avril après 1,1 % en mars, et l’inflation annuelle a ralenti à 4,2 % contre 4,6 %. Michele Bullock a indiqué que les prix du pétrole sont conformes aux scénarios de base et a évoqué la persistance de difficultés d’approvisionnement mondial, même si des informations faisant état d’un accord de paix au Moyen-Orient ont été qualifiées de bienvenues.
La RBA maintient ses taux sur fond de préoccupations persistantes sur l’inflation
La Banque de réserve d’Australie a laissé ses taux inchangés à 4,35 %, mais nous y voyons un avertissement clair : la lutte contre l’inflation n’est pas terminée. Le Conseil reste préoccupé par les tensions sur les prix et a explicitement maintenu l’option de nouvelles hausses de taux. Cela crée un contexte tendu, dans lequel les prochaines statistiques économiques seront déterminantes.
L’inflation se montre tenace, le dernier indicateur mensuel d’IPC pour mai affichant une légère remontée à 3,8 %, tirée par les services et les coûts de l’énergie. Même si ce niveau est inférieur aux pics de l’an dernier, il demeure nettement au-dessus de la cible de la RBA (2 %–3 %). Nous estimons que le marché sous-évalue actuellement le risque d’au moins une nouvelle hausse de taux d’ici la fin de l’année.
Cette approche dépendante des données suggère que la volatilité du dollar australien pourrait augmenter dans les prochaines semaines. Nous interprétons la posture de la RBA comme un « statu quo hawkish », autrement dit une banque centrale prête à agir au moindre signe de résurgence de l’inflation. En conséquence, un positionnement en faveur d’un potentiel renforcement de l’AUD via des options nous paraît prudent.
Positionnement stratégique et perspectives de marché
Concrètement, nous envisageons d’acheter des options d’achat (calls) AUD/USD à court terme afin de profiter d’un éventuel pic à la suite de la prochaine publication de l’IPC trimestriel. En se référant au cycle de durcissement 2022-2023, l’AUD avait souvent fortement progressé lorsque la RBA surprenait un marché plutôt enclin à anticiper un biais accommodant. Nous voyons des parallèles avec cette dynamique qui pourrait se remettre en place.
Le marché du travail donne également à la RBA une marge de manœuvre pour rester restrictive. Le dernier rapport de mai montre un taux de chômage stable à 4,0 % avec une croissance régulière de l’emploi, ce qui indique que l’économie peut probablement absorber des taux plus élevés si nécessaire. Cette solidité contredit le récit d’un ralentissement rapide de l’activité.
Compte tenu de l’incertitude, nous recommandons également le recours aux options pour encadrer le risque. L’achat d’options de vente (puts) bon marché, hors de la monnaie, peut offrir une couverture contre un retournement brutal de l’activité qui contraindrait la RBA à infléchir sa trajectoire. Cela permet de bâtir une stratégie qui bénéficie d’une surprise restrictive tout en se protégeant contre un choc négatif de croissance.