La Banque populaire de Chine (PBoC) a maintenu inchangés ses taux préférentiels de prêt (Loan Prime Rates, LPR), laissant le LPR à un an à 3,00 % et le LPR à cinq ans à 3,50 %. La décision a été jugée comme ayant peu, voire pas, d’impact sur le dollar australien — souvent utilisé comme proxy du risque Chine —, l’AUD/USD gagnant 0,95 % sur la séance à 0,7015. La Chine fixe le LPR chaque mois comme référence pour les prêts bancaires, tandis que le Comité de politique monétaire de la PBoC se réunit trimestriellement ; la banque centrale pilote également le renminbi face au dollar via une fixation quotidienne (fixing) plutôt qu’un régime de change totalement flottant.
Sur le plan technique, l’AUD/USD est resté sous la moyenne mobile simple à 100 jours et sous la médiane des bandes de Bollinger, tandis que l’indice de force relative (RSI) à 14 jours a glissé vers la zone des mi-30. Une résistance a été identifiée autour de 0,7080–0,7085, avec la bande supérieure de Bollinger près de 0,7212, tandis que le support se situait proche de la bande inférieure, vers 0,6955. Par ailleurs, l’arsenal de la PBoC a été présenté comme incluant le taux des reverse repos à sept jours, la facilité de prêt à moyen terme (MLF), les interventions sur le marché des changes et le ratio de réserves obligatoires (RRR) ; il a également été indiqué que la Chine compte 19 banques privées, WeBank et MYbank étant citées comme les plus importantes.
La prudence de Pékin et ses implications pour les exportations australiennes
La Banque populaire de Chine vient de maintenir ses taux préférentiels de prêt inchangés, signalant une approche prudente en matière de soutien à l’économie. Cette décision intervient alors que les dernières données ont montré que la production industrielle chinoise en mai n’a progressé que de 5,6 %, en deçà des attentes, soulignant une reprise économique inégale. Pour nous, l’absence d’assouplissement plus offensif de la part de notre principal partenaire commercial suggère des vents contraires potentiels pour les exportations australiennes à court terme.
En conséquence, nous voyons cela comme un facteur plafonnant le potentiel du dollar australien au cours des prochaines semaines. Un soutien plus limité en Chine pèse directement sur la demande de matières premières clés, et nous relevons que les prix du minerai de fer sont déjà passés sous 110 dollars la tonne, contre plus de 140 dollars encore l’an dernier. Dans ce contexte, il est difficile d’étayer un scénario franchement haussier sur l’AUD/USD.
Positionnement et perspectives techniques sur l’AUD/USD
Compte tenu de ce contexte fondamental, nous nous positionnons soit pour une consolidation latérale, soit pour une baisse graduelle de l’AUD/USD. La volatilité implicite des options à un mois sur l’AUD/USD évolue autour d’un niveau modéré de 8,5 %, rendant attractives les stratégies bénéficiant de l’érosion temporelle, comme la vente d’options d’achat (calls). Nous estimons que la vente de calls ou la mise en place de spreads vendeurs de calls (bear call spreads) offre actuellement un profil risque/rendement favorable.
D’un point de vue technique, l’AUD/USD peine actuellement sous sa moyenne mobile simple à 100 jours, qui se situe près de 0,6720 et constitue un niveau de résistance clé. Nous envisagerions de vendre des calls avec des prix d’exercice à ce niveau ou au-dessus, en visant des échéances de mi à fin juillet. Une cassure sous le support récent à 0,6580 ouvrirait la voie à un repli plus marqué, renforçant ce biais baissier.