La moyenne mobile sur quatre semaines des nouvelles demandes d’allocations chômage aux États-Unis est montée à 219 000 pour la semaine close le 5 juin, contre 214 750 auparavant. Cette hausse suggère un léger raffermissement du rythme moyen des nouvelles demandes sur les quatre dernières semaines.
Les données mettent l’accent sur cet indicateur lissé plutôt que sur la publication hebdomadaire, susceptible d’être volatile. Malgré tout, le passage de 214,75k à 219k laisse la moyenne proche de ses niveaux récents, l’attention restant focalisée sur la question de savoir si cette dérive graduelle se poursuit dans les prochaines publications.
Tendances du marché du travail et scénarios de baisse des taux de la Fed
La récente hausse de la moyenne sur 4 semaines des demandes initiales à 219 000 est un signal que nous surveillons de près. Sans constituer une envolée marquée, cette poursuite de la tendance haussière suggère un refroidissement progressif du marché du travail. Cette dynamique est corroborée par le dernier rapport sur l’emploi (Non-Farm Payrolls), qui a fait état de 165 000 créations de postes, un chiffre modeste et inférieur aux attentes du consensus.
Ces statistiques plus molles renforcent l’argumentaire en faveur d’une baisse des taux par la Réserve fédérale plus tard cette année. Dans ce contexte, nous nous intéressons à des dérivés susceptibles de profiter d’un tel changement de cap, le marché intégrant désormais une probabilité supérieure à 65 % d’une baisse de taux d’ici la réunion du FOMC de septembre. Cela rend des positions longues sur les contrats futures SOFR de décembre ou sur les Fed Funds futures de plus en plus attractives.
Positionnement de marché : actions, volatilité et mouvements de change
Pour les marchés actions, cela crée un scénario classique de « mauvaises nouvelles = bonnes nouvelles », dans lequel le ralentissement économique pourrait accélérer la perspective d’un assouplissement monétaire. Nous envisageons d’acheter des options d’achat (calls) proches du prix d’exercice (near-the-money) sur le S&P 500, en ciblant des échéances postérieures à la réunion de septembre de la Fed afin de capter un potentiel de hausse. Nous restons toutefois prudents, le marché ayant déjà nettement progressé cette année, le S&P 500 affichant plus de 8 % de hausse depuis le début de l’année.
Compte tenu de cette incertitude, nous identifions également une opportunité sur la volatilité. L’indice VIX évolue actuellement autour de 14, un niveau inférieur à sa moyenne historique d’environ 19, ce qui suggère un début de complaisance. Nous estimons que l’achat de calls sur le VIX avec une échéance à trois mois constitue une couverture peu coûteuse contre un choc de marché potentiel si le ralentissement économique s’avère plus prononcé qu’anticipé.
Historiquement, une remontée durable des demandes d’allocations chômage, à l’image de la tendance observée fin 2007, a souvent précédé un affaiblissement économique plus large. En conséquence, nous utilisons aussi des spreads de puts sur des ETF sectoriels cycliques, comme la finance et l’industrie, à titre de couverture tactique. Cela apporte une protection à la baisse tout en bornant le risque si le marché continue de progresser sur l’espoir de baisses de taux.
Enfin, des anticipations de Fed plus accommodante devraient peser sur le dollar. L’indice du dollar (DXY) a déjà reculé de 1,5 % sur le mois écoulé. Nous nous positionnons pour une poursuite de l’affaiblissement en achetant des options d’achat (calls) sur des paires de devises comme l’EUR/USD.