La masse monétaire M4 au Royaume-Uni a augmenté de 0,2 % sur un mois en avril, en deçà des attentes du marché. Les prévisions tablaient sur une hausse de 0,6 %, soit un résultat inférieur de 0,4 point de pourcentage à l’anticipation.
Cette publication plus faible suggère un rythme d’expansion monétaire plus lent sur le mois. Le M4 est un agrégat large de la monnaie détenue par le secteur privé, incluant les billets et les dépôts bancaires, et il est souvent suivi pour détecter des signaux sur les conditions de crédit et les tendances de liquidité.
Implications pour la politique monétaire et les taux d’intérêt
Le chiffre de M4 d’avril, inférieur aux attentes (0,2 % contre 0,6 % attendu), indique qu’une politique monétaire plus restrictive ralentit effectivement l’économie britannique. Nous y voyons un indicateur clé d’un refroidissement de la croissance du crédit plus rapide que prévu. Cette tendance est d’ailleurs corroborée par de récentes données de la Banque d’Angleterre montrant que la croissance annuelle du M4 est retombée à seulement 1,1 %, en net recul par rapport à plus de 4 % à la même période l’an dernier.
Ce point de données accroît la probabilité que la Banque d’Angleterre soit contrainte d’abaisser ses taux plus tôt que ne l’anticipe actuellement le marché. Combiné au dernier rapport de l’ONS indiquant que l’inflation au Royaume-Uni est tombée à 2,5 % en mai 2026, l’argument en faveur du maintien de taux élevés s’affaiblit sensiblement. Nous pensons que le Comité de politique monétaire adoptera une tonalité plus accommodante lors de ses prochaines réunions.
En conséquence, nous examinons des dérivés de taux d’intérêt susceptibles de bénéficier d’anticipations de baisse des taux. Cela inclut l’achat de contrats à terme sur le Sterling Overnight Index Average (SONIA) échéance quatrième trimestre 2026 et début 2027. Nous envisageons également de prendre des positions receveuses de taux fixe sur des swaps de taux britanniques.
Perspectives sur les devises et les marchés actions
Pour les cambistes, cette configuration plaide en faveur d’une livre sterling plus faible. À mesure que les anticipations de taux au Royaume-Uni reculent relativement à celles des États-Unis, où la Réserve fédérale demeure prudente, nous anticipons une pression baissière sur la paire GBP/USD. Nous envisageons donc l’achat d’options de vente (puts) sur GBP/USD afin de se positionner en vue d’un mouvement potentiel vers la zone de 1,2200, un support testé lors de divergences de politique monétaire similaires en 2024.
La situation est plus complexe pour les dérivés sur actions britanniques. Si le ralentissement de l’économie constitue un vent contraire pour le FTSE 100, la perspective de taux plus bas pourrait fournir un plancher de soutien aux valorisations. Compte tenu de cette incertitude et de la récente évolution de l’indice dans une fourchette étroite, nous voyons de la valeur dans des stratégies profitant d’une hausse de la volatilité, comme l’achat de straddles sur le FTSE 100.