L’appétit pour le risque soutient la livre sterling
La livre sterling tient bon près de 1,2850 face au dollar cette semaine, dans un contexte plus large de prise de risque. Cet optimisme est alimenté par des informations évoquant une avancée possible dans les discussions commerciales technologiques entre les États-Unis et la Chine. Ce climat pousse le dollar à reculer légèrement, les opérateurs se positionnant sur des actifs offrant un meilleur rendement (actifs plus rémunérateurs, mais souvent plus risqués). Les contrats à terme sur le S&P 500 progressent d’environ 0,8% autour de 6 250, signe d’un fort intérêt pour les actions. En parallèle, l’indice du dollar (DXY), proche de 103 depuis plusieurs semaines, recule d’environ 0,4% vers 102,50. Cela montre un mouvement de capitaux hors des valeurs refuge (placements jugés plus sûrs, comme le dollar) à court terme. Le secrétaire américain au Commerce a laissé entendre qu’un accord était « imminent », mais Pékin reste plus prudent. Un porte-parole du ministère du Commerce a indiqué que des progrès avaient été réalisés, tout en soulignant que « d’importantes divergences subsistent sur des questions clés de propriété intellectuelle » (brevets, droits d’auteur, marques). Cela signifie que le marché reste exposé à un risque de titre (headline risk : une annonce peut inverser rapidement le sentiment), point à surveiller. Dans ce contexte prudemment haussier, les intervenants sur dérivés (produits dont la valeur dépend d’un actif, comme une devise) peuvent envisager des options d’achat (call : droit d’acheter à un prix fixé) à court terme sur le GBP/USD. Cette approche permet de profiter d’une hausse tout en limitant la perte au montant payé. Un spread haussier (bull call spread : acheter un call et en vendre un autre plus haut pour réduire le coût) visant 1,3000 peut aussi diminuer la prime (prix de l’option) à payer.Niveaux techniques et pistes de couverture
Ce climat de prise de risque est aussi soutenu par les chiffres d’inflation britanniques publiés la semaine dernière : l’indice des prix à la consommation (CPI : mesure de l’inflation) est retombé à 1,9%, repassant sous l’objectif de la Banque d’Angleterre. Cela peut annoncer des baisses de taux à venir, mais le marché y voit surtout le signe d’un atterrissage en douceur (soft landing : ralentissement sans récession) de l’économie britannique. Historiquement, une devise peut se renforcer au début d’un cycle de baisse des taux si, dans le même temps, les perspectives de croissance mondiale s’améliorent. Le GBP/USD a repris sa moyenne mobile exponentielle à 20 jours, actuellement à 1,2810, ce qui suggère une amélioration de l’élan à court terme. Un test de la prochaine résistance vers 1,2920 est surveillé ; ce niveau a déjà servi de pivot (zone charnière où le marché change souvent de direction) plus tôt dans le trimestre. Un retour sous la MME 20 jours remettrait en jeu le support (zone où la baisse trouve souvent un plancher) autour de 1,2750. Avec une volatilité (ampleur des variations de prix) en recul, des options sur des devises refuge peuvent aussi servir de couverture à moindre coût (hedge : protection contre un scénario défavorable). La volatilité implicite (niveau de volatilité anticipé et intégré dans le prix des options) sur le yen japonais est tombée à un plus bas de plus d’un an, rendant des options de vente (put : droit de vendre à un prix fixé) sur l’USD/JPY intéressantes pour se protéger contre un brusque retour à l’aversion au risque (risk-off : fuite vers les actifs jugés sûrs). Cela peut amortir un portefeuille en cas de déception géopolitique.
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