La paire GBP/USD a reculé après que la Banque d’Angleterre a maintenu son taux directeur (« Bank Rate ») à 3,75%, une décision adoptée par 7 voix contre 2, deux membres ayant plaidé pour une hausse de 25 pdb à 4,00%. Le cross a ensuite limité ses pertes pour s’échanger autour de 1,3236. Le contexte de politique monétaire a été brouillé par des indicateurs du marché du travail britannique signalant un léger reflux du chômage et une dynamique des salaires demeurant robuste.
Aux États-Unis, le dollar s’est renforcé à un nouveau plus haut d’un an à mesure que les marchés réévaluaient la trajectoire des taux. L’indice dollar (DXY) a clôturé à 100,85, en hausse de 0,76%, tandis que l’EUR/USD a terminé à 1,1456, en baisse de 0,37%. La livre sterling a perdu 0,69% à 1,3205 après la décision de la BoE. Par ailleurs, le taux de chômage britannique a légèrement reculé à 4,9% sur les trois mois à fin avril, contre 5,0% en mars, tandis que les salaires réguliers ont progressé de 3,4% en glissement annuel et que la rémunération totale s’est rapprochée de 4,4% en glissement annuel.
Divisions au sein de la politique monétaire et perspectives économiques
La décision récente de la Banque d’Angleterre de maintenir ses taux à 5,25% a laissé la livre sterling dans une position inconfortable. Les divergences au sein des décideurs sur le calendrier d’une première baisse de taux persistent, ce qui alimente l’incertitude sur le marché. Cette hésitation pèse sur la livre, en particulier face à un dollar américain solide.
Les dernières données macroéconomiques dressent un tableau contrasté pour la prochaine étape de la Banque. Si l’inflation a légèrement ralenti en mai à 2,9%, elle demeure nettement au-dessus de l’objectif de 2%. En outre, la progression des salaires reste élevée à 5,7%, ce qui maintient la pression sur les responsables monétaires quant aux risques d’inflation à venir, rendant une baisse de taux en août moins évidente.
Dans le même temps, le dollar continue de bénéficier du statu quo de la Réserve fédérale, dans un contexte d’inflation domestique persistante. Cette divergence de politique monétaire entre une Banque d’Angleterre prudente et une Fed ferme plafonne mécaniquement toute reprise significative du GBP/USD. Nous anticipons que le dollar restera la devise privilégiée au cours des prochaines semaines.
Stratégies sur le marché des changes et positionnement sur les options
L’incertitude entourant la trajectoire de la Banque suggère une probable hausse de la volatilité implicite sur les paires en livre sterling. Nous estimons que les opérateurs devraient envisager des stratégies susceptibles de tirer parti d’un mouvement marqué des prix, quelle qu’en soit la direction. L’achat de straddles sur options GBP/USD avant la prochaine réunion de politique monétaire pourrait constituer un moyen efficace de se positionner en vue d’une cassure décisive.
À la lecture du marché des options, nous observons une demande croissante de puts par rapport aux calls sur la livre. Cela indique qu’un nombre accru d’intervenants parient sur, ou se couvrent contre, une baisse de la valeur de la devise britannique. En conséquence, des stratégies orientées à la baisse, comme l’achat de spreads de puts, semblent bien placées pour tirer parti de ce sentiment dans les semaines à venir.