La livre sterling a cédé une partie de ses gains liés à une percée entre les États-Unis et l’Iran, laissant le GBP/USD en terrain plus fragile, alors que les perspectives de croissance américaine surpassent celles du Royaume-Uni. Les données britanniques ont refroidi la dynamique : le PIB réel a reculé de -0,1% m/m en avril après +0,3% en mars, première baisse mensuelle depuis août 2025, avec une production de services en repli de -0,2% m/m. La production industrielle est restée stable et la construction a progressé de 0,1% m/m. Les marchés ont également revu à la baisse le scénario de resserrement de la Banque d’Angleterre, ramenant les hausses de taux attendues sur les 12 prochains mois à 40 pdb contre 60 pdb la veille.
Les enquêtes prospectives sont faibles. Les PMI suggèrent que le PIB réel britannique pourrait se contracter de -0,2% t/t au T2, en dessous de la prévision de référence de la BoE à +0,1% t/t, à mesure que la baisse des prix de l’énergie et des anticipations de resserrement mondial plus modérées se diffusent. La politique constitue un autre facteur de risque, l’attention se portant sur l’élection partielle de Makerfield du 18 juin ; les sondages donnent Andy Burnham avec 10 points d’avance sur Reform UK, ce qui accroît la probabilité de pressions internes sur le Premier ministre Keir Starmer et d’un regain d’examen de la trajectoire budgétaire du Royaume-Uni.
Risques baissiers pour le GBP/USD et divergence économique
Compte tenu du récent repli du GBP/USD, nous anticipons un potentiel baissier supplémentaire pour la livre dans les prochaines semaines. Le rallye fondé sur les nouvelles États-Unis/Iran semble s’essouffler, et la faiblesse sous-jacente de l’économie britannique devient le facteur dominant. Notre objectif sur la paire est de 1,3100.
La divergence entre les économies américaine et britannique se creuse. Les dernières ventes au détail américaines ont surpris à la hausse à +0,5%, tandis que la dernière enquête de confiance des consommateurs au Royaume-Uni est tombée à un plus bas de 12 mois à -25. Cela conforte le scénario d’un dollar plus fort face à une livre en affaiblissement.
Le ralentissement de la croissance au Royaume-Uni a conduit le marché à réduire ses anticipations de hausses de taux de la Banque d’Angleterre. Les marchés de swaps ont effacé une hausse complète de 25 points de base, n’anticipant plus que 40 pdb de resserrement sur l’année à venir. Si la baisse des prix de l’énergie est un facteur global, le dernier « dot plot » de la Réserve fédérale américaine continue de signaler une détermination plus forte à maintenir sa trajectoire de politique monétaire.
Risques politiques et stratégie de marché
La scène politique britannique ajoute une couche de risque que nous jugeons sous-estimée. Tous les regards sont tournés vers l’élection partielle de Makerfield prévue le 18 juin. Une victoire potentielle d’Andy Burnham pourrait introduire une incertitude politique significative et remettre en cause la direction actuelle du Labour.
Ce risque politique rend les options sur la livre attractives. La volatilité implicite des options GBP/USD à un mois a déjà grimpé de 7,5% à 8,2% au cours de la dernière semaine, et nous anticipons la poursuite de ce mouvement à l’approche de l’élection partielle. Nous estimons que l’achat d’options de vente (puts) GBP/USD avec un strike proche de 1,3150, échéance début juillet, constitue une façon prudente de se positionner sur une baisse.
Si l’accent mis par la Banque d’Angleterre sur l’inflation devrait apporter un plancher et éviter une baisse désordonnée, cela ne devrait pas suffire à inverser le sentiment négatif. La dynamique la plus probable pour le GBP/USD semble orientée à la baisse.