Force du GBP/USD et sentiment de marché
La livre britannique se renforce face au dollar américain, avec un GBP/USD qui se rapproche du niveau 1,2900. Cela s’explique par un léger apaisement des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui rend le dollar «valeur refuge» (devise recherchée quand le risque augmente) moins attractif. L’indice du dollar (DXY) a reculé depuis ses récents sommets et évolue autour de 104,50. Le marché reste prudemment optimiste grâce à des discussions diplomatiques susceptibles, à terme, d’augmenter l’offre de pétrole et de stabiliser les prix de l’énergie. Le pétrole WTI (référence américaine du brut) a déjà intégré ce mouvement, passant de plus de 90 dollars le baril à environ 85 dollars ces dernières semaines. Mais les avancées sont lentes, ce qui limite la baisse du dollar. Malgré la vigueur de la livre, les investisseurs évitent de prendre de grandes positions à la hausse en raison de l’incertitude politique au Royaume-Uni. Des désaccords récents au sein du gouvernement sur la future politique budgétaire (choix de dépenses et d’impôts) pèsent sur la devise. Ces tensions pourraient limiter la progression de la livre à court terme.Volatilité, politique des banques centrales et perspectives
Du point de vue des produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif comme une devise), cela peut plaider pour une stratégie consistant à vendre de la volatilité à très court terme, c’est-à-dire vendre des options en pariant sur des variations de prix limitées. La volatilité implicite à un mois du GBP/USD (niveau de fluctuation attendu par le marché, déduit des prix d’options) s’est repliée à 6,8%, contre plus de 8,0% le mois dernier, ce qui suggère un marché plutôt biaisé vers un trading en range (évolution dans une fourchette). Des stratégies comme la vente d’options d’achat couvertes («covered calls»: vendre un droit d’achat tout en détenant l’actif, pour encaisser une prime) avec un prix d’exercice (niveau auquel l’option peut être exercée) au-dessus du seuil psychologique de 1,3000 peuvent paraître intéressantes. Le moteur principal reste la politique des banques centrales, la Réserve fédérale et la Banque d’Angleterre ajustant leurs décisions aux données économiques («data-dependent»: guidées par les statistiques). Le dernier indice PCE (inflation américaine suivie par la Fed) s’est établi à 2,8%, un peu plus élevé que prévu, ce qui rend la Fed prudente avant d’évoquer des baisses de taux. Dans le même temps, l’inflation britannique mesurée par le CPI (indice des prix à la consommation) reste élevée à 3,1%, ce qui complique la trajectoire de la Banque d’Angleterre.
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