Le choc pétrolier pèse sur le yen
Le Japon, grand importateur net d’énergie (c’est-à-dire qu’il achète à l’étranger bien plus d’énergie qu’il n’en exporte), subit une hausse de sa facture d’importation lorsque le pétrole monte. Cela peut creuser le déficit commercial (un solde négatif entre importations et exportations) et affaiblir la monnaie. La ministre des Finances Satsuki Katayama a indiqué que les autorités surveillent plusieurs scénarios concernant les réserves de pétrole, compte tenu de la situation au Moyen-Orient. Les anticipations de taux soutiennent aussi GBP/JPY, en raison des divergences entre la Banque d’Angleterre (BoE) et la Banque du Japon (BoJ). Les marchés intègrent jusqu’à deux relèvements de taux au Royaume-Uni d’ici la fin de l’année, tandis que le retour progressif du Japon vers une politique moins accommodante pourrait être limité par un ralentissement lié aux coûts de l’énergie. Au Royaume-Uni, l’indice S&P Global des services (PMI, un baromètre de l’activité basé sur des enquêtes auprès des entreprises) est tombé à 50,5 en mars contre 53,9, sous l’estimation rapide (« flash », une première estimation publiée avant les chiffres définitifs) de 51,2 et au plus bas depuis avril 2025. Le PMI composite (qui combine industrie et services) a reculé à 50,3 contre 53,7, tandis que les chiffres japonais des salaires et du compte courant (la balance des échanges de biens, services et revenus avec l’étranger) pour février sont attendus mercredi.Le carry trade reste dominant
Le principal moteur reste l’écart de taux d’intérêt très marqué entre la Banque d’Angleterre et la Banque du Japon, supérieur à 5 points de pourcentage. Cet écart rend la détention de livres plus attractive que celle de yens et alimente un « carry trade » (stratégie qui consiste à emprunter dans une devise à faible taux, comme le yen, pour investir dans une devise offrant un rendement plus élevé, comme la livre). Cette dynamique a dominé une grande partie de 2025 et la crise énergétique l’accentue. La vulnérabilité du Japon est nette : les données publiques indiquent que le pays importe encore environ 96% de son énergie primaire. Les statistiques commerciales du mois dernier montrent déjà un déficit en hausse, directement lié au renchérissement des importations d’énergie. Cette pression économique pourrait durer tant que les tensions autour du détroit d’Ormuz (passage maritime stratégique pour le transport de pétrole) ne se résorbent pas. Si la livre est la composante la plus solide de cette paire, ses fragilités demeurent. La baisse du PMI des services à 50,5, au plus bas depuis l’alerte de récession (contraction de l’activité) d’avril 2025, suggère que l’économie britannique subit aussi les tensions mondiales. Toutefois, l’inflation sous-jacente (inflation hors éléments très volatils comme l’énergie et l’alimentation) restant au-dessus de 3,5%, la Banque d’Angleterre est contrainte de maintenir des taux élevés. Le principal risque à court terme pour une position acheteuse sur GBP/JPY est une intervention des autorités japonaises. Avec USD/JPY proche de 160,00, un niveau qui a déjà déclenché des actions directes sur le marché, les opérateurs doivent éviter un effet de levier excessif (utiliser beaucoup d’emprunt pour amplifier une position). Les autorités avaient agi rapidement en 2022 et 2024 pour soutenir leur monnaie, et il ne faut pas sous-estimer leur détermination. Compte tenu du risque de retournement brutal en cas d’accord de paix ou d’intervention, l’achat d’options d’achat (« call », contrat qui donne le droit d’acheter à un prix fixé à l’avance) sur GBP/JPY peut être une approche prudente. Cela permet de viser une hausse tout en limitant le risque maximal à la prime (le coût payé pour l’option). Des options avec une échéance de deux à trois semaines couvriraient la période qui suit immédiatement l’échéance de 20h00 pour l’Iran.
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