La livre sterling a progressé de 0,31 %, les marchés réagissant à un accord américano-iranien dont la signature est attendue vendredi à Genève, ce qui a amélioré l’appétit pour le risque et réduit le soutien au dollar américain. La paire GBP/USD évoluait à 1,3436, tandis que le brut reculait après l’annonce, le WTI cédant plus de 4,40 %. Le dollar s’est également détendu, l’indice du dollar (DXY) perdant 0,28 % à 99,52, et l’accord doit permettre la réouverture du détroit d’Ormuz tout en levant un blocus de la marine américaine, remettant ainsi en circulation un cinquième de la production mondiale de pétrole.
L’attention se tourne désormais vers la Réserve fédérale, alors que l’inflation reste au-dessus de son objectif de 2 % et qu’une décision de politique monétaire est attendue mercredi sous la présidence de Kevin Warsh, qui entame un mandat de quatre ans. Au Royaume-Uni, les élections locales incluent la partielle de Makerfield, où Andy Burnham est donné gagnant ; la semaine apportera également les chiffres d’inflation et d’emploi avant la décision de la Banque d’Angleterre jeudi, où les taux devraient rester inchangés. D’un point de vue technique, le GBP/USD s’établissait à 1,3430, sous un faisceau de moyennes mobiles simples proche de 1,3472, avec un support de tendance issu de 1,3159 et un RSI (14) juste sous 50.
Marchés de l’énergie et anticipations d’inflation
L’accord soudain entre les États-Unis et l’Iran a provoqué une onde de choc sur les marchés de l’énergie, entraînant la plus forte baisse journalière du WTI depuis mars 2023. Nous nous positionnons en anticipation de pressions persistantes sur les prix et constatons un pic de volatilité implicite sur les options sur brut, comparable aux niveaux observés lors de l’excès d’offre de 2014. Dans ce contexte, vendre des contrats à terme sur brut à échéance proche tout en achetant des options de vente (puts) pour se protéger à la baisse pourrait constituer une stratégie prudente.
Cet effondrement des prix du pétrole modifie radicalement les perspectives d’inflation, rendant très improbable la hausse de taux attendue de la Réserve fédérale cette semaine. En réaction, les futures sur Fed funds se sont totalement réajustés : le marché n’intègre désormais qu’une probabilité inférieure à 10 % d’une hausse de taux au troisième trimestre, contre plus de 70 % la semaine dernière. L’attention se reporte à présent sur la manière dont le nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, communiquera ce changement de cap mercredi, ce qui devrait constituer un facteur déterminant pour le dollar américain.
Opportunités sur les devises et stratégie de marché
Alors que nous accompagnons la hausse du GBP/USD alimentée par un affaiblissement généralisé du dollar, nous devenons plus prudents à l’approche des élections locales britanniques et de la réunion de la Banque d’Angleterre. La perspective d’une victoire de Burnham introduit une incertitude budgétaire susceptible de mettre sous pression les emprunts d’État britanniques et de peser sur la livre. Nous envisageons donc d’acheter des options de vente (puts) GBP/USD de maturité courte afin de couvrir des positions longues contre un repli potentiel sous le support clé de 1,3159.
Le recul du dollar dans un contexte d’amélioration du sentiment de risque crée des opportunités au-delà de la seule livre. Nous observons une demande accrue d’options d’achat (calls) sur des devises liées aux matières premières, comme le dollar australien et le dollar néo-zélandais, qui ont tendance à surperformer lorsque les craintes sur la croissance mondiale s’estompent. Historiquement, des phases de forte baisse des prix du pétrole non imputables à une destruction de la demande, comme dans la période post-guerre du Golfe en 1991, ont été favorables à ces devises face au dollar.