L’indicateur sous-jacent de l’indice des prix à la consommation (IPC) du Canada a progressé de 0,2 % sur un mois en mai, après 0,1 % lors de la publication précédente. Ce mouvement suggère un léger raffermissement des tensions inflationnistes de fond à l’échelle mensuelle.
Cette accélération laisse l’inflation sous-jacente (IPC core) supérieure d’un dixième de point de pourcentage à celle du mois précédent. Les marchés vont s’interroger sur le fait que ce rebond reflète des facteurs temporaires ou un changement plus large de la dynamique de l’inflation, les variations mensuelles pouvant être volatiles même lorsque la tendance est plus stable.
Implications Pour La Politique De La Banque Du Canada Et Le Positionnement De Marché
Nous interprétons cette légère hausse de l’inflation sous-jacente, de 0,1 % à 0,2 %, comme un signal que la Banque du Canada fera preuve de davantage de patience. Cela remet en cause l’anticipation du marché d’un enchaînement rapide après la baisse de taux intervenue plus tôt ce mois-ci. Le retour vers une inflation à 2 % s’avère cahoteux, et non pas une trajectoire rectiligne à la baisse.
Dans les prochaines semaines, nous ajustons nos positions sur les dérivés de taux afin d’intégrer une BdC plus restrictive. La probabilité d’une baisse de taux en juillet, qui dépassait 60 % selon les swaps indexés au jour le jour (OIS), est désormais vraisemblablement retombée sous 35 %. Nous envisageons donc de vendre (short) les contrats à terme BAX de septembre ou de payer le fixe sur des swaps de taux d’intérêt, pariant sur des taux « plus élevés plus longtemps ».
Considérations Sur Le Change, Les Marchés Actions Et L’Emploi
Cette statistique constitue un soutien pour le dollar canadien, d’autant que d’autres banques centrales restent en position d’assouplir leur politique. Nous privilégions des stratégies tirant parti d’un huard plus fort, comme l’achat de puts sur la paire USD/CAD. Un passage sous le seuil de 1,3600 paraît de plus en plus plausible si cette rigidité de l’inflation persiste.
Pour les marchés actions, c’est un vent contraire pour les secteurs sensibles aux taux du TSX, tels que les foncières cotées (REITs) et les services aux collectivités (utilities). Nous achetons des options de vente (puts) de maturité courte sur des ETF sectoriels pertinents afin de couvrir le risque de sous-performance. L’indice dans son ensemble pourrait également être sous pression, des coûts d’emprunt plus élevés pesant sur l’appétit pour le risque.
Cette publication, combinée à la création étonnamment forte de 38 000 emplois en mai, donne à la Banque du Canada la marge de manœuvre pour temporiser. Nous avons déjà observé ce schéma à l’ère post-pandémie, où des déclarations prématurées de victoire contre l’inflation ont conduit à des revirements de politique monétaire. Nous pensons que la BdC voudra éviter cette erreur et avancera avec une prudence extrême.