Le rallye de soulagement du NZD/USD sur une trêve au Moyen-Orient reste fragile
Le NZD/USD a légèrement reculé après une ouverture marquée par un gap haussier, évoluant près de 0,5640 en séance asiatique, tandis que le dollar américain restait sous pression, la demande de valeurs refuge s’étant atténuée après des informations selon lesquelles Washington et Téhéran seraient convenus de cesser les attaques avant la reprise de discussions à Doha cette semaine. La prudence demeure, les manchettes restant changeantes : cette dernière ouverture diplomatique intervient après des frappes de représailles déclenchées jeudi, lorsqu’un projectile iranien a touché un cargo, et les deux camps se sont accusés de violations du cessez-le-feu intérimaire du 17 juin. Des délégations officielles doivent se rencontrer au Qatar mardi afin de négocier la fin du conflit.
Le billet vert trouve aussi un soutien dans des anticipations plus restrictives concernant la Réserve fédérale, l’outil FedWatch du CME indiquant que les marchés intègrent une probabilité de 59,7% d’une hausse de taux dès septembre 2026. L’attention se porte désormais sur les statistiques américaines du travail, avec en point d’orgue le rapport sur l’emploi (Nonfarm Payrolls) de jeudi ; les prévisions tablent sur 114 000 créations d’emplois en juin, tandis que le taux de chômage est attendu stable à 4,3%. Côté néo-zélandais, la dégradation des perspectives de croissance domestique maintient une pression sur le dollar kiwi à l’approche des indicateurs de confiance de juin, après des données de mai atones, tandis que le marché a réduit ses anticipations de resserrement de la Banque de réserve de Nouvelle-Zélande (RBNZ) à deux hausses de taux cette année, contre trois auparavant.
Un rallye de soulagement géopolitique jugé temporaire
Nous considérons la hausse actuelle du NZD/USD, provoquée par les informations de désescalade au Moyen-Orient, comme un mouvement temporaire et potentiellement trompeur. Ce rallye de soulagement propulse la paire vers des niveaux qui, selon nous, offrent une meilleure opportunité de se positionner à la baisse. La situation géopolitique reste très incertaine, et toute mauvaise nouvelle issue des discussions de Doha pourrait rapidement inverser ce sentiment « risk-on ».
La solidité du dollar et la fragilité des fondamentaux néo-zélandais signalent un risque baissier
La force sous-jacente du dollar américain demeure le thème dominant, portée par des anticipations de Réserve fédérale plus restrictive. Avec des marchés qui intègrent désormais une probabilité proche de 60% d’une hausse de taux d’ici septembre, le dollar dispose d’un socle fondamental solide. Toute l’attention sera portée sur les Nonfarm Payrolls de ce jeudi : un chiffre supérieur à la faible prévision de 114 000 renforcerait probablement la posture de la Fed et alimenterait les achats de dollars.
Cette lecture restrictive de la Fed est étayée par une inflation persistante, les derniers chiffres du déflateur PCE sous-jacent en glissement annuel évoluant autour de 2,8%, encore nettement au-dessus de l’objectif de la banque centrale. Historiquement, la Fed s’est montrée réticente à assouplir sa politique tant qu’elle ne constate pas une tendance durable vers 2% d’inflation. Dans ce contexte, un rapport sur l’emploi solide confirmerait la résilience de l’économie et justifierait des taux plus élevés plus longtemps.
À l’inverse, nous sommes de plus en plus préoccupés par l’assombrissement des perspectives économiques de la Nouvelle-Zélande. La RBNZ apparaît déjà moins offensive, les anticipations de hausses de taux cette année ayant été revues à la baisse. Les prochaines données de confiance des entreprises et des ménages pour juin seront déterminantes : une nouvelle série de chiffres faibles pèserait vraisemblablement lourdement sur le dollar kiwi.
La faiblesse néo-zélandaise ne relève pas uniquement du sentiment : l’économie progresse à peine, avec une croissance du PIB limitée à 0,2% au premier trimestre 2026, évitant de justesse la récession. Par ailleurs, les prix des produits laitiers, source essentielle de revenus à l’exportation, se sont dégradés, l’indice Global Dairy Trade ayant reculé lors de trois des quatre dernières enchères. Cette combinaison de ralentissement de la croissance et de prix à l’exportation plus faibles dresse un tableau difficile pour le NZD.
Ce creusement de l’écart entre une politique monétaire américaine ferme et un environnement économique néo-zélandais qui se fragilise constitue un vent contraire significatif pour le NZD/USD. Nous estimons que, ces prochaines semaines, la résistance la plus faible se situe à la baisse pour la paire. Nous cherchons à utiliser la vigueur actuelle comme une opportunité pour initier des positions vendeuses, en anticipant un retournement une fois que le marché se recentrera sur ces fondamentaux économiques.