Megan Greene, membre du Comité de politique monétaire (MPC) de la Banque d’Angleterre, a déclaré que les ménages et les entreprises britanniques semblent plus sensibles à la hausse de l’inflation qu’auparavant. Elle a exposé une balance des risques dans laquelle le coût d’une absence de réaction face à une inflation persistante est supérieur à celui d’un resserrement monétaire inutile.
Greene a indiqué que si les prix de l’énergie entraînaient des effets de second tour plus marqués sur l’inflation, les taux d’intérêt pourraient devoir augmenter. Elle a également souligné qu’agir plus tôt sur les taux peut compter autant que l’ampleur finale de la réponse, et qu’elle accorde un poids relativement élevé à la stabilisation des prix plutôt qu’au soutien de l’activité économique.
Orientation de la politique et positionnement de marché
Compte tenu de la sensibilité accrue des ménages et des entreprises britanniques aux hausses de prix, nous estimons que le MPC s’oriente vers une posture plus offensive. Les dernières données d’inflation (CPI) de mai 2026 ont montré une inflation toujours tenace à 3,1 %, nettement au-dessus de la cible, ce qui justifie une politique privilégiant la stabilité des prix plutôt que l’activité à court terme. Cette lecture demeure valable alors même que les derniers chiffres trimestriels du PIB ont fait apparaître une légère contraction de 0,1 %, signalant une volonté d’accepter une faiblesse économique pour venir à bout de l’inflation.
L’avertissement explicite sur le risque d’effets de second tour déclenchés par l’énergie est particulièrement opportun. Avec les futures sur le Brent en hausse de plus de 8 % au cours des deux dernières semaines, à proximité de 95 dollars le baril, la probabilité de ce scénario augmente. Nous intégrons désormais une probabilité nettement plus élevée que le MPC agisse de manière préventive afin d’éviter que ces coûts énergétiques ne se transmettent aux salaires et, plus largement, à l’inflation des services.
Dans les semaines à venir, nous ajusterons nos positions sur les taux afin de refléter ce biais plus restrictif. Nous vendons des futures Short Sterling ou indexés sur le SONIA, anticipant que le marché devra intégrer au moins une hausse supplémentaire complète de 25 points de base avant la fin de l’année. Cette stratégie nous positionne pour un réajustement de la courbe des taux britannique, où les taux courts augmenteraient plus vite que ne l’anticipe actuellement le consensus.
Impact sur les stratégies de change et de volatilité
Ce biais de politique monétaire plaide également pour un regain de vigueur de la livre sterling. Une banque centrale qui agit plus tôt et plus résolument contre l’inflation tend à soutenir sa devise. Nous voyons des opportunités dans l’achat d’options d’achat (calls) sur GBP/USD afin de tirer parti d’un potentiel de hausse de la livre, tout en envisageant des options de vente (puts) sur le FTSE 100, des coûts d’emprunt plus élevés pouvant peser sur les actions britanniques.
Cette approche proactive rappelle le cycle de relèvement agressif observé en 2022-2023, lorsque la Banque a agi vigoureusement une fois l’inflation installée. L’accent mis sur une action rapide plutôt que tardive suggère que les prochaines réunions de politique monétaire, auparavant perçues comme sans enjeu, redeviennent « ouvertes » à un mouvement de taux. En conséquence, nous cherchons à acheter de la volatilité sur les taux via des instruments tels que les swaptions, l’éventail des trajectoires possibles du Bank Rate s’étant désormais considérablement élargi.