L’indicateur d’inflation sous-jacente (core) de la Banque du Canada a progressé de 0,6 % sur un mois en mai, après 0,2 % précédemment. Cette accélération signale un raffermissement des pressions de fond sur les prix en séquentiel.
Par rapport au mois précédent, le chiffre de 0,6 % représente une hausse de 0,4 point de pourcentage par rapport au rythme d’avril. Les données concernent la mesure d’IPC sous-jacent (MoM) de la BdC pour mai.
Implications pour la politique monétaire et les anticipations de marché
Nous considérons le bond inattendu de l’inflation sous-jacente en mai à 0,6 % sur un mois comme un choc majeur pour la trajectoire de politique monétaire de la Banque du Canada. Cette donnée, qui annualisée dépasse 7 %, remet en cause l’idée selon laquelle l’inflation était pleinement maîtrisée et sur la voie d’un retour vers la cible de 2 %. En conséquence, les anticipations de marché d’une nouvelle baisse de taux en juillet sont désormais vraisemblablement écartées.
Notre attention immédiate se porte sur les dérivés de taux, en particulier le positionnement en faveur d’une banque centrale plus restrictive. Nous envisageons de vendre des contrats à terme BAX, alors que le marché neutralise rapidement l’hypothèse de nouvelles baisses de taux sur le reste de 2026. Les swaps indexés au taux au jour le jour (OIS) se sont déjà réajustés de manière agressive, n’intégrant plus qu’une probabilité inférieure à 10 % d’une baisse en juillet, net retournement par rapport à la probabilité proche de 70 % encore intégrée la semaine dernière.
Opportunités de trading sur les différentes classes d’actifs
Pour les cambistes, nous anticipons un renforcement significatif du dollar canadien. Cette surprise inflationniste creuse une divergence de politique monétaire avec la Réserve fédérale américaine, toujours perçue sur une trajectoire d’assouplissement graduel. Nous envisageons donc d’acheter des options d’achat (calls) sur le CAD contre USD, en anticipant que le taux USD/CAD teste des supports plus bas, inobservés depuis le début de 2025.
Du côté des actions, cette nouvelle constitue un vent contraire pour le S&P/TSX 60, dans la mesure où des taux plus élevés plus longtemps pèsent sur les valorisations. Nous cherchons à acheter des options de vente (puts) sur les secteurs sensibles aux taux, en particulier les foncières cotées canadiennes (REIT) et les services aux collectivités (utilities), fortement endettés. Les épisodes précédents de surprises restrictives, comme fin 2022, ont montré que ces secteurs sous-performaient l’indice élargi de 5 à 8 % au cours du mois suivant.
Enfin, il faut se préparer à une hausse marquée de la volatilité implicite sur l’ensemble des classes d’actifs canadiennes. L’incertitude quant à la prochaine décision de la Banque du Canada renchérira les options, mais crée aussi des opportunités pour des stratégies de type straddle. Nous suivrons de près le VIXC, l’indice de volatilité canadien, que nous attendons en hausse depuis ses niveaux actuellement bas autour de 12 vers une zone 17-18.