Les importations allemandes ont progressé de 1,2 % sur un mois en avril, ralentissant nettement après une hausse de 5,1 % le mois précédent. Ces données indiquent une perte d’élan des flux de biens entrants après un mois de mars plus solide.
Ce reflux ramène la croissance d’avril à environ un quart du rythme observé précédemment, ce qui signale un affaiblissement de la demande d’intrants importés et de produits de consommation au début du deuxième trimestre. Les importations restent orientées à la hausse en variation mensuelle, mais ce ralentissement suggère une contribution plus modérée à l’activité commerciale à court terme.
Refroidissement de la demande intérieure et perspectives pour la zone euro
La forte baisse des importations allemandes d’un mois sur l’autre en avril suggère un net refroidissement de la demande intérieure. Nous y voyons un signal d’alerte pour la première économie de la zone euro à l’approche du second semestre. Ce ralentissement pourrait peser sur les prévisions de croissance globales.
En conséquence, nous nous intéressons à des positions baissières sur l’euro. La récente estimation flash de l’IPC de la zone euro à 2,3 % pour mai 2026 avait déjà laissé entrevoir un reflux des pressions sur les prix, et ces données sur les importations renforcent l’hypothèse d’une Banque centrale européenne plus accommodante. Des stratégies sur dérivés, comme l’achat d’options de vente (puts) sur l’EUR/USD, paraissent attractives au cours des prochaines semaines.
Implications pour les marchés d’actifs et parallèles historiques
Ces données nous incitent également à la prudence sur les actions allemandes, en particulier l’indice DAX. Le dernier indice Ifo du climat des affaires pour mai a reculé à 88,5 contre 89,4, renforçant le pessimisme croissant des entreprises allemandes exposées au marché domestique. Nous envisageons des options de vente de protection sur les futures DAX ou la vente de spreads de calls afin de se couvrir contre un repli potentiel.
La faiblesse économique suggérée ici devrait vraisemblablement empêcher la BCE d’adopter un ton restrictif lors de ses prochaines réunions. En conséquence, nous anticipons un possible rally des emprunts d’État allemands, les investisseurs recherchant la sécurité. Nous nous positionnons en ce sens en visant des positions longues sur les futures Bund, en pariant sur une nouvelle baisse des rendements.
Cette configuration rappelle le ralentissement de 2019, lorsque l’affaiblissement des commandes industrielles avait précédé une période de sous-performance du DAX par rapport aux indices américains. Cette séquence s’était accompagnée d’un mouvement de fuite vers la qualité favorable au dollar. Nous estimons qu’une dynamique similaire pourrait se matérialiser au cours de l’été.