La confiance des ménages de la zone euro a répondu aux attentes en mai, l’indice global s’établissant à -19.
La publication s’inscrit dans la continuité du mois précédent et ne s’écarte pas du consensus, maintenant l’indicateur solidement ancré en territoire négatif. Marchés et responsables publics interpréteront ce statu quo comme la confirmation que le moral des ménages demeure dégradé, l’enquête continuant de signaler de la prudence en matière de dépenses et, plus largement, sur les perspectives de demande.
Pessimisme persistant et implications pour la politique monétaire
Nous constatons que le dernier chiffre de confiance des consommateurs dans la zone euro (-19) correspond exactement à ce qu’avait intégré le marché. L’absence de surprise limite le risque de secousses soudaines sur les marchés et, de fait, la volatilité s’est déjà détendue, l’indice VSTOXX revenant à 14,5. Le message clé est que le pessimisme persistant des consommateurs s’installe désormais comme la norme pour un avenir prévisible.
Cette faiblesse de la demande des ménages conforte notre scénario d’une Banque centrale européenne sans empressement à relever son taux directeur, actuellement à 2,75%, d’autant que l’inflation sous-jacente a récemment ralenti à 2,1%. Une consommation atone agit comme un frein naturel à l’inflation, offrant à la BCE une marge pour rester patiente durant l’été. En conséquence, nous ne nous positionnons pas en anticipation de surprises « hawkish » en provenance de Francfort dans les prochaines semaines.
Positionnement de marché et stratégies sur dérivés
Pour les grands indices, comme l’Euro Stoxx 50, cantonné entre 4 850 et 5 000, ces données militent en faveur de stratégies tirant parti d’une faible volatilité et d’un manque de direction. Nous envisageons de vendre des spreads de calls hors de la monnaie afin de capitaliser sur un potentiel de hausse plafonné, en cohérence avec le frein exercé par la faiblesse du moral des ménages. Historiquement, des périodes comparables de pessimisme durable des consommateurs, comme en 2011-2012, ont limité les rallyes significatifs tant qu’un catalyseur clairement positif n’émerge pas.
Au niveau sectoriel, nous continuerons d’utiliser des produits dérivés pour exprimer une vue baissière sur les valeurs de consommation discrétionnaire, tout en restant neutres sur les biens de consommation de base, généralement plus résilients face aux arbitrages de dépenses. La confirmation d’un consommateur de la zone euro affaibli renforce également l’argument en faveur d’un euro plus faible. Nous estimons que l’achat de puts sur l’EUR/USD constitue une couverture pertinente, la politique monétaire étant appelée à rester plus accommodante ici qu’aux États-Unis.