La Banque populaire de Chine (PBoC) a fixé lundi le taux pivot USD/CNY à 6,8150, contre 6,8130 lors du fixing de jeudi dernier et une estimation Reuters à 6,7733. Les objectifs affichés de la banque centrale sont de préserver la stabilité des prix, y compris la stabilité du taux de change, tout en soutenant la croissance économique et en faisant progresser les réformes financières, telles que l’ouverture et le développement des marchés financiers.
La PBoC est une institution publique relevant de la République populaire de Chine et n’est donc pas autonome ; le secrétaire du comité du Parti communiste chinois, nommé par le président du Conseil des affaires d’État, exerce une influence déterminante sur la gestion et l’orientation, Pan Gongsheng occupant à la fois cette fonction et celle de gouverneur. Les instruments de politique monétaire incluent le taux des reverse repos à sept jours, la facilité de prêt à moyen terme (MLF), les interventions sur le marché des changes et le ratio de réserves obligatoires (RRR), tandis que le Loan Prime Rate (LPR) sert de taux de référence, orientant la tarification des prêts, des crédits immobiliers et des dépôts, et influençant le taux de change du renminbi. La Chine autorise 19 banques privées, dont les prêteurs numériques WeBank et MYbank, après avoir ouvert le secteur en 2014 à des établissements domestiques entièrement capitalisés par des capitaux privés.
Signaux de politique monétaire d’un fixing du yuan plus faible
Le récent fixing du taux pivot à 6,8150, sensiblement plus faible que les estimations de marché autour de 6,7733, constitue un signal clair de la Banque populaire de Chine. Cet écart suggère une tolérance officielle à un yuan plus faible face au dollar américain. Nous y voyons l’indication que les autorités pourraient, à court terme, privilégier le soutien à l’économie plutôt qu’une stricte stabilité de la devise.
Ce mouvement s’inscrit dans le sillage de données économiques récentes décrivant une reprise contrastée, alors que le secteur immobilier continue de peser sur la croissance. Les exportations chinoises n’ayant progressé que de 7,6% sur un an en mai 2026, une devise légèrement plus faible rend les biens chinois moins chers et plus compétitifs à l’échelle mondiale. Nous estimons qu’il s’agit d’un choix délibéré visant à renforcer un moteur clé de l’économie.
Implications de marché et perspectives
Historiquement, la PBoC a utilisé le taux de change comme amortisseur en période de stress économique, notamment en 2015 et en 2019. La divergence actuelle des politiques, la Réserve fédérale américaine maintenant des taux relativement plus élevés alors que la Chine s’oriente vers un assouplissement, accentue la pression baissière sur le yuan. Cet écart de taux, actuellement supérieur à 2 points de pourcentage, rend la détention d’actifs libellés en dollars plus attractive.
Au regard de ces perspectives, nous nous positionnons pour une poursuite de la faiblesse du yuan dans les prochaines semaines. Les opérateurs devront intégrer le fait que la valorisation des options pourrait refléter une hausse de la volatilité implicite, compte tenu de l’incertitude accrue et du subtil changement de ton de la banque centrale. Cet environnement pourrait favoriser des stratégies tirant parti d’une hausse de l’USD/CNY ou visant à se protéger contre une dépréciation supplémentaire du yuan.