La Banque centrale européenne a relevé ses taux directeurs de 25 points de base lors de sa réunion de politique monétaire de juin, la présidente Christine Lagarde inscrivant cette décision dans un scénario où les risques pesant sur la croissance demeurent orientés à la baisse. Elle a cité la guerre au Moyen-Orient parmi les facteurs dégradant les perspectives de croissance, tout en soulignant que des effets indirects sur les coûts liés à la guerre en Iran se transmettent déjà à l’économie.
Sur l’inflation, Mme Lagarde a indiqué que la balance des risques est orientée à la hausse, avertissant que si les prix de l’énergie devaient augmenter davantage ou plus durablement, l’inflation progresserait encore. Elle a ajouté que des effets de diffusion plus importants vers d’autres prix font partie des risques haussiers. Sur la méthode, elle a précisé que le Conseil des gouverneurs n’avait pas discuté d’alternatives et que le débat ne portait pas sur une hausse « d’assurance », qualifiant la décision de robuste à travers trois scénarios.
Implications d’investissement de la hausse de taux de la BCE
La banque centrale signale clairement qu’elle luttera contre l’inflation même si cela pénalise la croissance économique. Nous la voyons privilégier l’inflation, qui vient d’atteindre 3,1 % en mai, au détriment d’un net ralentissement de l’économie. Cette posture suggère de se positionner pour une persistance, à court terme, des pressions liées à des taux d’intérêt plus élevés.
Cette perspective est négative pour les actions européennes, car la hausse des coûts d’emprunt et la faiblesse de l’activité comprimeront les profits des entreprises. Alors que le dernier indice IFO du climat des affaires en Allemagne a reculé à 85,2, son plus bas niveau en deux ans, nous achetons des options de vente (puts) sur l’indice EURO STOXX 50. Cela constitue une couverture directe contre une baisse attendue du marché dans les prochaines semaines.
Stratégies sur obligations, devises et volatilité
Le marché obligataire intègre déjà un scénario de récession tandis que la banque centrale continue de relever ses taux. L’écart entre les Bunds allemands à 2 ans et à 10 ans s’est davantage inversé à -40 points de base, un niveau inédit depuis le cycle de resserrement marqué de 2023. Nous nous positionnons sur un approfondissement de cette inversion via des stratégies d’aplatissement de la courbe des taux (yield curve flattener).
Malgré des perspectives de croissance médiocres, l’euro devrait se renforcer à mesure que les différentiels de taux jouent en sa faveur. La détermination restrictive (hawkish) de la BCE contraste avec une Réserve fédérale plus hésitante. Nous utilisons des options d’achat (calls) sur la paire EUR/USD pour tirer parti de cette divergence.
Les risques géopolitiques maintiennent des prix de l’énergie — et donc la volatilité de marché — à des niveaux élevés. Le Brent s’échange de manière tenace au-dessus de 95 dollars le baril, alimentant directement le problème d’inflation et justifiant l’action de la banque centrale. Nous estimons que l’achat d’options d’achat (calls) sur le VSTOXX est un moyen prudent d’assurer les portefeuilles contre des chocs de marché soudains liés à ces tensions.