La Banque centrale européenne a relevé ses taux directeurs de 25 points de base lors de sa réunion de politique monétaire de juin, citant le conflit comme un frein à l’activité et des signes supplémentaires de refroidissement de la demande de travail. Elle a indiqué que la demande intérieure est plus faible qu’anticipé en mars, tandis que les ménages sont toujours décrits comme disposant d’une situation financière solide.
Sur les prix, la BCE a estimé que certains indicateurs d’inflation sous-jacente ont été tirés vers le haut par un choc énergétique, alors même que les indicateurs de suivi des salaires continuent de signaler un ralentissement des coûts de main-d’œuvre en 2026. La plupart des mesures des anticipations d’inflation à plus long terme restent proches de 2 %, mais la hausse des prix de l’énergie devrait encore pousser l’inflation à la hausse, la portant au-dessus de 2 % au premier semestre 2027.
Perspectives de politique monétaire et implications pour l’euro
Nous considérons le récent relèvement de 25 points de base comme une décision nécessaire pour préserver la crédibilité face à une inflation persistante, ressortie à 2,8 % en mai. Toutefois, compte tenu d’une communication prospective mettant en avant une demande intérieure plus faible et un refroidissement du marché du travail, nous estimons que la fin de ce cycle de resserrement approche. La trajectoire des taux dépend désormais plus que jamais des données, d’autant que la croissance du PIB au T1 n’a atteint qu’un modeste 0,1 %.
Ce mélange d’une action de politique monétaire restrictive et d’un diagnostic conjoncturel plus accommodant crée une incertitude significative pour l’euro. Nous anticipons une volatilité accrue sur la paire EUR/USD dans les semaines à venir, le marché digérant ces signaux contradictoires. En conséquence, nous ne privilégions pas un biais directionnel marqué et privilégions l’achat d’options afin de nous positionner sur un mouvement de prix plus ample qu’attendu.
Stratégie de marché : actions, énergie et opérations sur l’inflation
La combinaison de coûts d’emprunt plus élevés et d’un ralentissement de l’activité constitue un vent contraire évident pour les actions européennes. Les données récentes montrant une remontée du taux de chômage de la zone euro à 6,4 % confirment l’idée d’un essoufflement de la demande de travail, ce qui devrait peser sur les résultats des entreprises. Nous profitons de cette situation pour acheter des options de vente (puts) sur l’indice EURO STOXX 50, comme couverture contre un éventuel repli.
L’avertissement explicite selon lequel un choc énergétique portera l’inflation au-dessus de la cible jusqu’en 2027 est un signal clé. Dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes maintenant les futures sur le Brent livraison août au-dessus de 95 dollars le baril, ce moteur inflationniste reste très concret. Nous examinons des dérivés liés aux anticipations d’inflation et aux prix de l’énergie afin de tirer parti de ce thème durable.