BNY a indiqué que la Banque de Thaïlande ne voit pas la nécessité de convoquer une réunion extraordinaire du Comité de politique monétaire, estimant que le baht a évolué de manière ordonnée malgré les pressions liées au conflit entre les États-Unis et l’Iran. La banque centrale a mis en avant la solidité des amortisseurs externes et a jugé que la position extérieure de la Thaïlande demeure suffisante pour absorber la volatilité des marchés mondiaux. Elle a également évoqué le soutien apporté par les réserves internationales, la stabilité financière et le compte courant.
Depuis le début du conflit, le baht a reculé d’environ 5,4 % et, si les ventes étrangères sont restées limitées à près de 1,3 Md USD d’actifs thaïlandais, certains signes indiquent un retour des flux vers les obligations de long terme et les actions. Cette posture contraste avec celle de l’Indonésie, où la banque centrale a procédé à une hausse d’urgence de 25 pdb lors d’une réunion exceptionnelle et devrait relever à nouveau ses taux lors de sa réunion programmée la semaine prochaine.
Perspectives sur la volatilité du baht thaïlandais et stratégie de marché
Compte tenu de l’approche mesurée de la Banque de Thaïlande, nous pensons que la volatilité implicite sur le baht thaïlandais devrait diminuer au cours des prochaines semaines. Cela suggère que la vente d’options USD/THB à courte échéance pourrait constituer une stratégie prudente pour capter de la prime. La confiance affichée par la banque centrale laisse entendre que des mouvements brusques et inattendus sur la devise sont peu probables à ce stade.
La stabilité économique soutient la divergence de politique monétaire
Cette posture attentiste est étayée par des indicateurs macroéconomiques solides, l’inflation en glissement annuel en mai 2026 s’établissant à un niveau maîtrisé de 1,5 %, confortablement dans la cible de la banque centrale. L’excédent du compte courant thaïlandais, à 1,8 Md USD au premier trimestre 2026, renforce également la stabilité externe évoquée par l’institut d’émission. Ces chiffres justifient amplement l’absence de relèvement de taux en urgence, à la différence de certains pairs régionaux.
La divergence de politique monétaire entre la Thaïlande et l’Indonésie constitue, selon nous, un thème clé. Avec le taux directeur de Bank Indonesia à 6,50 % contre 2,50 % pour la Banque de Thaïlande, le contraste de stratégie monétaire est net. Cela conforte notre conviction que le baht offre une stabilité relative, même s’il ne présente pas le même attrait en termes de portage que la roupie indonésienne.
Nous suivrons de près les données sur les flux de capitaux étrangers, car le retour mentionné des entrées sur les obligations de long terme est déterminant pour la poursuite de cette stabilité. Historiquement, les réserves de change de la Thaïlande, qui dépassent actuellement 220 Md USD, lui ont permis de traverser les tensions géopolitiques sans changements brusques d’orientation. Nous anticipons que ce schéma se maintiendra, sauf escalade significative de la volatilité sur les marchés mondiaux.