ING a déclaré que la faiblesse de la demande chinoise et la vigueur des exportations américaines ont atténué les tensions à court terme sur le marché pétrolier depuis le début de la guerre, même si cet effet est temporaire. En mai 2026, les importations chinoises de brut ont reculé de 3,2 Mb/j sur un an, à 7,8 Mb/j, leur plus bas niveau depuis octobre 2017, tandis que la solidité des exportations américaines a été soutenue par des prélèvements sur les stocks plutôt que par une nouvelle hausse de l’offre.
La banque a également souligné que les ventes issues des réserves stratégiques de pétrole constituent un amortisseur face à la hausse des prix, mais que ces flux devraient s’amenuiser. Le déstockage de la SPR américaine doit prendre fin d’ici fin juillet, et l’arrêt de ces volumes devrait accélérer le resserrement du marché pétrolier.
Une faiblesse temporaire des prix masque une tension sous-jacente
Le marché semble sous-estimer le caractère temporaire de l’actuel repli des prix du pétrole. La baisse des importations chinoises de brut, que reflètent les derniers PMI manufacturiers — en légère contraction à 49,8 — masque une tension sous-jacente. Cela ouvre une brève fenêtre avant que les fondamentaux ne reprennent le dessus.
De même, la vigueur des exportations américaines doit être abordée avec prudence, car elle ne provient pas d’une hausse de la production. Le dernier rapport hebdomadaire de l’EIA le confirme, avec une baisse des stocks de brut plus marquée qu’attendu, de 4,5 millions de barils. Un tel rythme de déplétion n’est pas soutenable et pointe vers un risque de pénurie d’offre.
La fin des ventes de réserves stratégiques, un catalyseur
Nous identifions un catalyseur majeur à l’approche, alors que les libérations de réserves stratégiques doivent s’achever d’ici fin juillet. Ce filet de sécurité, qui protégeait le marché contre une hausse nettement plus marquée des prix, sera entièrement retiré. Le marché devra alors faire face au déficit d’offre sans ce soutien artificiel.
Dans les semaines à venir, nous estimons prudent de commencer à constituer des positions longues en amont de cette échéance de fin juillet. L’achat d’options d’achat (calls) ou de spreads de calls sur le WTI et le Brent, avec des échéances en août et septembre 2026, pourrait constituer une stratégie efficace. Cela permet de se positionner sur la hausse attendue des prix tant que le marché reste relativement calme.
Cette stratégie s’appuie sur des précédents historiques, notamment la réaction du marché après les importantes libérations de SPR en 2022. Les prix avaient trouvé un plancher solide et étaient repartis à la hausse à mesure que le marché anticipait la fin de cette offre artificielle. Nous anticipons une réaction similaire, voire plus marquée, cette fois-ci.