Les stratégistes de HSBC ont estimé que les Philippines présentent des signes de stagflation, la croissance du produit intérieur brut ralentissant tandis que l’inflation accélère au rythme le plus élevé de l’ASEAN. Au 1T26, la production a progressé de 2,8 % sur un an, son rythme le plus faible depuis 2009 si l’on exclut la période Covid-19. Ils ont attribué ce frein à la baisse des décaissements publics en capital et à l’incertitude entourant les dépenses de l’État, ce qui a incité les ménages et les entreprises à réduire leurs dépenses, faisant augmenter l’épargne et reculer l’investissement.
Le cabinet a ajouté que l’affaiblissement de la demande se répercute sur un marché du travail plus mou, le chômage repassant au-dessus de 5 %. Dans le même temps, l’inflation globale s’établit à 6,8 % sur un an, maintenant les tensions sur les prix à un niveau élevé alors que l’activité décélère. HSBC s’attend à ce que la croissance reste en deçà de son potentiel en 2026-2027, tout en soulignant la possibilité d’un redressement plus rapide des marchés financiers philippins une fois le choc énergétique dissipé, soutenu par une posture budgétaire prudente et des mesures sociales ciblées.
Stratégie de trading face aux pressions stagflationnistes
Au regard des données macroéconomiques actuelles, nous estimons que les Philippines font face à d’importantes pressions stagflationnistes, qui orienteront notre stratégie de trading dans les semaines à venir. La combinaison d’un ralentissement de la croissance, désormais à un plus bas post-pandémie de 2,8 %, et de l’inflation la plus élevée de l’ASEAN à 6,8 % assombrit les perspectives pour les actions domestiques. Nous adoptons donc un positionnement prudent en achetant des options de vente (puts) sur le PSEi afin de couvrir un risque de baisse supplémentaire de l’indice de référence.
Cet environnement de forte incertitude, alimenté par la faiblesse des dépenses publiques et par un marché du travail qui se dégrade — le taux de chômage ayant désormais franchi 5 % — laisse présager une volatilité accrue. Historiquement, de telles périodes s’accompagnent de brusques variations de prix, à l’image des turbulences observées lors du choc inflationniste mondial de 2022. Pour en tirer parti, nous renforçons nos positions longues en volatilité via des straddles sur indice, qui profitent de mouvements amples dans un sens comme dans l’autre.
Le peso philippin est particulièrement vulnérable, les capitaux recherchant des valeurs refuges dans un contexte de fondamentaux domestiques dégradés. Alors que la devise montre déjà des signes de faiblesse et teste des plus bas pluriannuels face au dollar, nous constituons des positions vendeuses via des contrats à terme (forwards) et des options de change. L’incapacité de la banque centrale à soutenir la croissance tout en devant combattre l’inflation exerce une pression baissière durable sur le PHP.
Avec une inflation durablement élevée, nous ne nous attendons pas à ce que la Bangko Sentral ng Pilipinas abaisse ses taux directeurs de sitôt. Cette perspective de taux « plus élevés plus longtemps » est défavorable aux instruments obligataires. En conséquence, nous recourons à des swaps de taux d’intérêt et vendons des contrats futures sur obligations afin de nous positionner pour une pression persistante sur les prix des emprunts d’État.
Opportunités de reprise des marchés
Nous reconnaissons toutefois le potentiel d’un rebond rapide des marchés une fois le choc énergétique actuel résorbé, dans la mesure où la gestion budgétaire sous-jacente est restée prudente. Si notre posture immédiate demeure défensive, nous commençons à nous positionner progressivement sur des options d’achat (calls) de maturité longue sur des actions de qualité, survendues. Cela permet une exposition à faible coût à un redressement potentiel du marché fin 2026 ou début 2027.