Appétit pour le risque et demande de dollar
La montée des tensions a réduit l’appétit pour le risque (la volonté d’acheter des actifs plus risqués) et accru la demande d’actifs refuges (placés jugés plus sûrs en période de crise), ce qui a soutenu le dollar américain et pénalisé le NZD/USD. La hausse du pétrole a ravivé les craintes d’inflation (hausse durable des prix) et renforcé l’idée que la Réserve fédérale (Fed, banque centrale américaine) pourrait maintenir une politique restrictive plus longtemps, avec des rendements des bons du Trésor américain en hausse (taux d’intérêt offerts par la dette publique américaine). TD Securities estime que les perspectives de la Fed dépendront de l’évolution du dossier iranien, des dernières données d’inflation et des indicateurs d’activité à venir (statistiques sur la croissance, l’emploi et la consommation). La banque s’attend à ce que la Fed laisse ses taux inchangés jusqu’en septembre, le temps d’évaluer l’impact du prix de l’énergie et des risques géopolitiques. En Nouvelle-Zélande, la gouverneure de la RBNZ (Reserve Bank of New Zealand, banque centrale néo-zélandaise) Anna Breman a déclaré que la croissance pourrait être plus forte cette année si le conflit au Moyen-Orient se termine rapidement. Elle a ajouté que les baisses de taux passées soutiennent encore l’économie, mais que les perturbations d’approvisionnement et la durée du conflit restent incertaines. Le Wall Street Journal a rapporté que des pays de la région cherchent à relancer des discussions d’ici quelques jours, ce qui a limité la hausse du dollar et aidé le NZD/USD à se redresser après ses plus bas de la séance.Stratégie et considérations sur la volatilité
Après la rupture des négociations, la trajectoire immédiate du NZD/USD semble orientée vers une poursuite du repli. Nous estimons que les investisseurs peuvent envisager d’acheter des options de vente (put : droit de vendre à un prix fixé à l’avance) sur le NZD/USD, avec des échéances en mai ou juin 2026. Cette approche permet de profiter d’une baisse potentielle tout en limitant le risque à la prime payée (le coût de l’option), ce qui est plus adapté dans un contexte géopolitique instable. Le marché intègre clairement cette incertitude : la volatilité implicite (volatilité attendue par le marché, déduite du prix des options) des options NZD/USD à un mois a bondi au-delà de 15 %, un niveau inédit depuis les tensions bancaires de 2025. Cette volatilité élevée souligne le risque de mouvements brusques, rendant les stratégies sur options à risque défini plus adaptées que la vente directe de contrats à terme (futures : contrats standardisés pour acheter ou vendre plus tard). Pour une vue moins négative, un spread baissier de puts (achat d’un put et vente d’un autre put à un autre prix d’exercice, pour réduire le coût) peut diminuer la mise de départ. La hausse du pétrole soutient le dollar, car elle renforce l’idée que la Fed restera en pause sur les taux. Les contrats à terme sur le pétrole WTI (référence du pétrole américain) dépassent désormais 95 dollars le baril, au plus haut depuis octobre dernier : les craintes d’inflation persistante devraient maintenir les rendements des bons du Trésor à des niveaux élevés. L’écart de taux d’intérêt entre les États-Unis et la Nouvelle-Zélande continuera ainsi de peser sur la paire. Mais il faut rester attentif au risque d’un retournement rapide : des informations sur une reprise des efforts diplomatiques pourraient faire disparaître rapidement cette « prime de risque » (surcroît de rendement exigé en période d’incertitude). Un schéma similaire avait été observé lors des tensions au Moyen-Orient fin 2025, lorsque de fortes baisses avaient été rapidement effacées au moindre signe d’apaisement. Ce risque de rebond violent rend les positions vendeuses directes particulièrement dangereuses. Du point de vue du positionnement, les données de la CFTC (régulateur américain qui publie des statistiques sur le positionnement des investisseurs sur les marchés à terme) de la semaine dernière montrent que les grands spéculateurs détenaient déjà d’importantes positions vendeuses sur le dollar néo-zélandais (le « kiwi »). Une cassure nette sous le seuil psychologique de 0,5800 pourrait déclencher une vague d’ordres stop-loss (ordres automatiques de vente pour limiter les pertes) et accélérer la baisse. Ce niveau sera donc surveillé de près dans les prochains jours.
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