Reflux de l’inflation sous-jacente
L’IPC-trim, l’IPC-median et les services « trim » hors logement ont en moyenne atteint 1,7% en rythme annualisé sur une moyenne mobile de trois mois (moyenne calculée sur les trois derniers mois puis convertie en rythme annuel). La part des produits affichant des hausses de prix mensuelles supérieures à la normale a été plus faible depuis le début de 2026. Certains postes, dont l’alimentation et les loyers, progressaient encore d’environ 4% par rapport à l’an dernier. Les chiffres de mars suggèrent que la hausse du pétrole pourrait soutenir l’inflation globale à court terme, sans entraîner une hausse généralisée des prix. La remontée récente de l’inflation globale à 2,4% apparaît temporaire, portée surtout par un choc énergétique externe et par des effets de taxes. La Banque du Canada devrait surtout regarder ses propres mesures d’inflation sous-jacente, retombées en moyenne à 1,7% sur trois mois annualisés. Cet écart, combiné à une conjoncture molle, renforce l’idée que la Banque est davantage susceptible de baisser ses taux que de les maintenir ou de les relever. Cela peut ouvrir une fenêtre pour se positionner sur une baisse des taux canadiens dans les prochaines semaines. Le dernier rapport sur l’emploi (début avril 2026) a montré une perte de 15.000 emplois et un taux de chômage monté à 6,3%, ce qui renforce l’argument d’une baisse de taux lors de la réunion de juin. Des stratégies via des produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif de référence) — comme l’achat d’options (droit d’acheter ou de vendre à un prix fixé à l’avance) sur des contrats à terme CORRA (futures indexés sur le taux CORRA, le taux au jour le jour au Canada) — ou le fait de « recevoir le fixe » sur des swaps de taux (contrats d’échange entre un taux fixe et un taux variable) — pourraient en bénéficier.Conséquences pour le CAD et les taux
Par ailleurs, ce biais accommodant au Canada contraste avec les États-Unis, où les responsables de la Réserve fédérale restent prudents, l’inflation sous-jacente y restant proche de 2,8%. Cette divergence de politique monétaire (écart d’orientation des banques centrales) devrait peser sur le dollar canadien. Les opérateurs peuvent envisager des stratégies profitant d’une hausse de l’USD/CAD (c’est-à-dire d’un dollar américain plus fort face au dollar canadien), par exemple via l’achat d’options d’achat (« call », droit d’acheter) sur la paire. En 2025, la Banque avait privilégié les tendances de fond plutôt que la volatilité temporaire de l’inflation globale. La part des composantes de l’IPC enregistrant des hausses de prix anormalement fortes recule depuis le début de 2026, ce qui conforte l’idée que la désinflation (ralentissement de la hausse des prix) reste d’actualité. Cela plaide pour une Banque du Canada qui « regarde au travers » du chiffre global actuel, jugé transitoire.
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