
Points clés
- Le CL-OIL a coté 99,194, en hausse de 2,582 points (+2,67%), après un plus haut de séance à 100,684.
- Les contrats à terme (futures, c’est-à-dire des prix fixés à l’avance pour livraison à une date donnée) sur le Brent pour juin ont gagné 52 cents (+0,47%) à 111,78 dollars le baril à 01h54 GMT, signant une huitième hausse d’affilée.
- Les futures sur le WTI pour juin ont progressé de 57 cents (+0,57%) à 100,50 dollars le baril, après +3,7% lors de la séance précédente.
- Selon l’API (American Petroleum Institute, organisme qui publie une estimation hebdomadaire), les stocks de pétrole brut aux États-Unis ont baissé de 1,79 million de barils sur la semaine close le 24 avril ; les stocks d’essence ont reculé de 8,47 millions et ceux de distillats (produits comme le diesel et le fioul domestique) de 2,60 millions.
Les cours du pétrole ont prolongé leur hausse mercredi, après des informations selon lesquelles les États-Unis prolongeraient leur blocus des ports iraniens. Cela augmente le risque que les perturbations d’offre au Moyen-Orient durent plus longtemps que ce qu’anticipait récemment le marché.
Selon des sources officielles américaines citées par la presse, le président américain Donald Trump aurait demandé à ses équipes de préparer une prolongation du blocus de l’Iran. L’objectif est de continuer à réduire les exportations de pétrole iranien en empêchant les navires d’entrer et de sortir de ses ports. Les futures sur le Brent pour juin ont ainsi gagné 52 cents (+0,47%) à 111,78 dollars le baril à 01h54 GMT, pour une huitième séance de hausse.
Le contrat de juin expire jeudi (il arrive à échéance), tandis que le contrat de juillet, plus échangé, s’établissait à 104,84 dollars (+0,4%). Les futures sur le WTI pour juin ont progressé de 57 cents (+0,57%) à 100,50 dollars, après +3,7% la veille, en hausse sept séances sur les huit dernières.
Le marché reste dominé par les titres d’actualité. Les opérateurs ne réagissent pas seulement aux pertes actuelles d’approvisionnement : ils intègrent aussi le risque de retards de transport maritime, de hausse des coûts d’assurance, d’écarts de fret plus importants (différences de prix du transport selon les routes) et de baisse plus marquée des stocks (les « tirages sur stocks », c’est-à-dire une diminution des réserves).
Si le blocus est prolongé, les perturbations d’offre pourraient s’aggraver et soutenir les prix du brut.
Hormuz maintient le choc d’offre
Le cessez-le-feu dans la guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran n’a pas débouché sur un règlement durable. Les discussions restent bloquées, chaque camp voulant encadrer formellement la fin des combats. L’Iran continue de restreindre les flux maritimes via le détroit d’Ormuz, tandis que les États-Unis maintiennent leur blocus des ports iraniens.
Ormuz est l’un des principaux « goulets d’étranglement » énergétiques mondiaux (un passage étroit dont la fermeture perturbe fortement les échanges). Environ 20% du pétrole mondial et du GNL (gaz naturel liquéfié, du gaz refroidi et liquéfié pour être transporté par bateau) y transitent. Selon l’AIE (Agence internationale de l’énergie), le GNL passant par Ormuz a dépassé 112 milliards de mètres cubes en 2025, soit près de 20% du commerce mondial de GNL. Il n’existe pas de route alternative, avec les installations actuelles, pour que le Qatar ou les Émirats arabes unis approvisionnent le marché mondial.
Washington veut la fin de ce qu’il qualifie de programme iranien d’armes nucléaires. Téhéran réclame des compensations financières, un assouplissement des sanctions économiques et une forme de contrôle sur le détroit d’Ormuz. Cet écart maintient le pétrole très sensible à chaque annonce diplomatique.
Pour les opérateurs, le cessez-le-feu ne suffit pas. Il faut des signes concrets de reprise du trafic maritime, pas seulement une baisse des opérations militaires. En attendant, chaque échec de négociation peut ajouter une prime de risque (surcoût lié à l’incertitude) aux prix du Brent et du WTI.
La baisse des stocks tend le marché
Les tensions d’offre se voient désormais dans les stocks. Des sources de marché indiquent que l’API a signalé une deuxième semaine de baisse des stocks américains de brut. Les stocks de pétrole brut ont reculé de 1,79 million de barils sur la semaine close le 24 avril. Les stocks d’essence ont diminué de 8,47 millions de barils, tandis que ceux de distillats (diesel, fioul) ont baissé de 2,60 millions.
Ces chiffres renforcent le scénario de hausse. Une baisse des stocks de brut suggère une offre plus tendue. Une forte baisse des stocks d’essence indique une demande plus forte avant la saison estivale de déplacements aux États-Unis. Le recul des distillats accroît la pression sur le diesel, important pour le transport de marchandises, l’industrie et une partie du chauffage.
Le marché pourrait interpréter toute nouvelle baisse des stocks comme la confirmation que les perturbations autour d’Ormuz réduisent l’offre disponible. Si les statistiques officielles confirment la tendance de l’API, le brut pourrait mieux résister lors des replis. Si, au contraire, elles montrent une hausse inattendue des stocks, des prises de bénéfices (ventes après une hausse rapide) sont possibles.
Le risque d’inflation se diffuse aux autres actifs
Un pétrole au-delà de 100 dollars change l’équilibre. Un brut plus cher peut faire monter les coûts de transport, de production et d’électricité, et renchérir les carburants. Cela peut ralentir la baisse de l’inflation (hausse générale des prix), même si la demande se tasse.
La Banque mondiale prévoit une hausse de 24% des prix de l’énergie en 2026 en raison de la guerre au Moyen-Orient. Elle estime aussi que le Brent pourrait atteindre 115 dollars si le conflit dure ou s’aggrave, tandis que l’inflation des économies émergentes pourrait atteindre 5,1% en moyenne, voire 5,8% si le conflit se prolonge.
Les effets s’étendent donc aux marchés. Une hausse durable du pétrole peut soutenir les actions du secteur de l’énergie, mais peser sur les compagnies aériennes, la logistique, les valeurs de consommation et les actions sensibles aux taux (celles dont la valorisation dépend fortement des taux d’intérêt). Elle peut aussi soutenir le dollar si les opérateurs pensent que la Réserve fédérale (Fed, banque centrale américaine) maintiendra une politique monétaire plus restrictive plus longtemps (taux plus élevés pour freiner l’inflation).
Toute hausse du pétrole ne fait pas automatiquement baisser les actions. Lorsque la hausse reflète surtout un risque d’offre, et non une croissance plus forte, les investisseurs deviennent souvent plus prudents. Si le pétrole monte tandis que les banques centrales insistent sur le risque d’inflation, l’appétit pour le risque peut diminuer.
Analyse technique
Le CL-OIL évolue autour de 99,20, rebondissant nettement après de récents plus bas et revenant vers le haut de sa fourchette de court terme après une phase de consolidation (période où le prix varie dans une zone sans tendance claire). Le rebond suit une correction depuis le pic à 119,40, avec un prix qui tente de retrouver de la vigueur juste sous le niveau psychologique des 100 (un seuil rond souvent surveillé par le marché).
D’un point de vue graphique, la dynamique redevient haussière à court terme. Le cours repasse au-dessus des moyennes mobiles 5 jours (97,42) et 10 jours (92,95) : une moyenne mobile est un prix moyen sur un nombre de jours, utilisé pour repérer la tendance. Elles s’orientent à la hausse et jouent un rôle de support (zone où les acheteurs reviennent souvent). La moyenne mobile 20 jours (96,55) se situe juste sous le prix et se stabilise, ce qui suggère que le repli global perd en intensité.

Niveaux à surveiller :
- Support : 97,40 → 96,50 → 92,90
- Résistance : 100,00 → 105,90 → 110,00
Le prix teste la zone de résistance des 100,00, qui fait office de pivot (niveau clé où le marché peut changer de direction). Une cassure nette et un maintien au-dessus pourraient ouvrir la voie vers 105,90, zone d’anciens sommets. Un passage au-dessus renforcerait l’hypothèse d’un retour vers 110.
À la baisse, 97,40 est le premier support. Un retour sous ce seuil affaiblirait le rebond et exposerait 96,50, avec un risque de baisse plus important si les vendeurs reprennent la main.
Au total, le pétrole tente de relancer une dynamique haussière après un repli, avec le niveau des 100 comme zone clé. Le comportement des prix autour de ce seuil devrait indiquer si la tendance haussière reprend ou si le marché repart en consolidation.
Prévision prudente
Le biais reste haussier à court terme tant que le CL-OIL se maintient au-dessus de 96,555 et 97,423. Une clôture journalière au-dessus de 100,684 renforcerait l’idée d’un mouvement vers 105,927, surtout si les États-Unis confirment un blocus plus long et si la baisse des stocks se poursuit.
Questions de traders
Pourquoi les prix du pétrole montent-ils ?
Les prix montent parce que les opérateurs anticipent un blocus américain des ports iraniens plus long. Selon la presse, Donald Trump aurait demandé de préparer une prolongation, ce qui pourrait réduire davantage les exportations iraniennes en compliquant le transport maritime.
Cette hausse intervient aussi alors que l’Iran continue de limiter le trafic via le détroit d’Ormuz, passage clé pour environ 20% du pétrole mondial et du GNL (gaz naturel liquéfié).
Jusqu’où les prix ont-ils monté ?
Les futures sur le Brent pour juin ont gagné 52 cents (+0,47%) à 111,78 dollars le baril à 01h54 GMT. Le contrat de juin expire jeudi ; le contrat de juillet, plus échangé, s’établissait à 104,84 dollars (+0,4%).
Les futures sur le WTI (référence américaine) pour juin ont progressé de 57 cents (+0,57%) à 100,50 dollars le baril, après +3,7% lors de la séance précédente.
Pourquoi le détroit d’Ormuz est-il si important ?
Le détroit d’Ormuz est une route maritime essentielle. Environ 20% du pétrole et du GNL mondiaux y transitent habituellement.
Si le trafic reste perturbé, les acheteurs peuvent faire face à une offre plus limitée, à des coûts de transport plus élevés, à une assurance plus chère et à des délais de livraison plus longs. Cela peut ajouter une prime de risque d’offre (surcoût lié au risque de pénurie) aux prix du pétrole.
Que signifie le blocus américain pour l’offre de pétrole ?
Un blocus prolongé des ports iraniens peut empêcher plus longtemps les navires d’entrer et de sortir, et donc freiner l’arrivée du pétrole iranien sur le marché. Cela peut amplifier les perturbations d’offre au Moyen-Orient.
Selon l’analyste Yang An (Haitong Futures), une prolongation du blocus pourrait aggraver les perturbations et continuer à pousser les prix à la hausse.
Pourquoi le pétrole monte-t-il malgré un cessez-le-feu ?
Le pétrole monte parce que le cessez-le-feu n’a pas débouché sur un accord de paix final. Le conflit reste bloqué et les deux camps négocient encore les conditions d’une fin formelle des combats.
L’Iran veut des compensations, un allègement des sanctions et une forme de contrôle sur Ormuz. Les États-Unis veulent la fin de ce qu’ils présentent comme un programme d’armes nucléaires. Cet écart entretient la sensibilité du pétrole à l’actualité diplomatique.
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