
Points clés
- L’EURUSD s’échange à 1,14696, en hausse de +0,00071 (+0,06 %), mais l’euro a terminé mars sous 1,15 $ après avoir perdu plus de 2 % face au dollar sur le mois.
- Les marchés anticipent désormais au moins deux hausses de taux de la BCE en 2026, alors qu’ils intégraient auparavant 40 % de probabilité d’une baisse de taux. (Une « hausse/baisse de taux » correspond au relèvement/abaissement du taux directeur, le taux de référence de la banque centrale.)
- La hausse des coûts de l’énergie et un détroit d’Ormuz en grande partie bloqué alimentent les craintes d’inflation en Europe et pèsent sur l’euro. (Le détroit d’Ormuz est un passage maritime clé pour une partie importante du pétrole transporté dans le monde.)
L’euro a terminé mars sous 1,15 $, proche de son plus bas niveau en près de deux semaines. Sur le mois, la monnaie unique a perdu plus de 2 % face au dollar, les marchés évaluant les effets économiques de l’intensification du conflit au Moyen-Orient.
Ce recul traduit une confiance en baisse dans les perspectives de croissance à court terme en Europe. Quand les prix de l’énergie montent fortement, la zone euro est rapidement touchée, car elle dépend encore beaucoup des importations d’énergie.
Ce contexte peut freiner l’activité, maintenir l’inflation élevée (c’est-à-dire la hausse durable des prix) et laisser l’euro coincé entre une économie faible et des anticipations de politique monétaire plus stricte.
Si les prix de l’énergie restent élevés et que le conflit n’est pas résolu, l’EURUSD pourrait avoir du mal à rebondir et rester sous pression autour de 1,14.
Le choc pétrolier impose une révision des anticipations sur la BCE
Le principal changement du mois concerne les anticipations de taux. L’envolée du pétrole a ravivé les craintes d’inflation en Europe et a conduit les marchés à revoir la trajectoire attendue de la BCE. (« Trajectoire » : la suite de décisions de taux anticipées.)
Les investisseurs tablent désormais sur au moins deux hausses de taux en 2026. Auparavant, le marché intégrait 40 % de probabilité d’une baisse de taux. Le revirement est net et illustre l’impact du choc énergétique sur le sentiment.
En théorie, des hausses de taux soutiennent l’euro. Dans les faits, l’euro a faibli, car les marchés y voient une réponse de protection face au pétrole, et non un signal de reprise. Une politique monétaire plus stricte (c’est-à-dire des conditions de crédit plus coûteuses) en pleine hausse du pétrole n’améliore pas forcément l’attrait des actifs risqués ni de la devise si l’économie ralentit.
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a maintenu un ton prudent : la BCE veut contenir l’inflation liée à l’énergie, mais il est « trop tôt » pour préciser le calendrier d’une décision.
Si la BCE insiste sur le risque d’inflation sans s’engager sur des dates, l’EURUSD pourrait évoluer dans une fourchette, plutôt que de remonter nettement. (« Évoluer dans une fourchette » : varier entre un plancher et un plafond.)
Les tensions au Moyen-Orient maintiennent la pression sur l’euro
La géopolitique reste le moteur du mouvement. Selon le Wall Street Journal, l’ancien président américain Donald Trump aurait évoqué une possible fin de la campagne militaire américaine contre l’Iran, même si le détroit d’Ormuz restait largement bloqué.
C’est crucial : le marché ne se limite plus au risque de guerre, il évalue aussi le risque d’un blocage énergétique durable. Un détroit bloqué, même partiellement, renchérit le transport, l’assurance et le pétrole brut. L’Europe en subit rapidement les effets.
Cela explique pourquoi l’euro profite peu des titres rassurants. Les opérateurs privilégient les flux réels d’énergie (livraisons physiques) plutôt que les signaux diplomatiques.
Même si la tension politique retombe, l’EURUSD peut rester sous pression si les routes pétrolières sont perturbées et si l’inflation reste tenace (c’est-à-dire lente à refluer).
Analyse technique
L’EURUSD évolue près de 1,1470, juste au-dessus de récents points bas, et peine à se redresser après le recul amorcé depuis le sommet de 1,2080. Les rebonds ne tiennent pas, et des ventes réapparaissent dès que le cours remonte, signe d’une résistance persistante (une « résistance » est une zone où l’offre freine la hausse).
Sur le plan technique, la tendance reste baissière. Le cours évolue sous les principales moyennes mobiles (moyenne des prix sur une période, utilisée pour lisser les variations). Les 5 jours (1,1506) et 10 jours (1,1535) sont juste au-dessus et servent de résistance immédiate. Les 20 jours (1,1550) et 30 jours (1,1620) s’orientent toujours vers le bas, ce qui confirme une dynamique négative.

Niveaux à surveiller :
- Supports : 1,1410 → 1,1350 → 1,1300 (un « support » est une zone où la demande peut freiner la baisse)
- Résistances : 1,1500 → 1,1550 → 1,1620
La paire consolide sous la zone 1,1500–1,1550, qui a bloqué les tentatives de hausse. Un passage au-dessus serait nécessaire pour réduire la pression baissière et viser 1,1620, à condition que l’élan se renforce. (« Consolider » : évoluer latéralement sans direction claire.)
À la baisse, 1,1410 reste le support de court terme. Une cassure sous ce niveau pourrait ouvrir la voie vers 1,1350, avec un risque de prolongation si les ventes s’intensifient.
Au total, l’EURUSD reste dans une tendance baissière, avec une pression continue sur les supports. Tant que la paire ne repasse pas au-dessus de 1,1550, les rebonds risquent d’être vendus, maintenant un biais négatif à court terme. (« Biais » : orientation dominante du marché.)
Ce que les opérateurs doivent surveiller
L’euro se retrouve au croisement de trois facteurs : les prix de l’énergie, la révision des anticipations de la BCE et les nouvelles géopolitiques. Le prochain mouvement dépendra de la tenue du pétrole, d’une communication plus claire de la BCE sur la trajectoire des taux, et de l’ampleur des contraintes sur le détroit d’Ormuz.
Si le pétrole se détend et que le risque sur le transport diminue, l’EURUSD peut se stabiliser. Si l’Europe continue d’importer un choc énergétique tandis que la politique monétaire devient plus défensive, l’euro peut rester sous pression, même avec des anticipations de hausses de taux.
Questions des traders
Pourquoi l’EURUSD a-t-il terminé mars sous 1,15 ?
L’EURUSD a terminé mars sous 1,15 $ car l’euro a perdu plus de 2 % face au dollar sur le mois, les marchés intégrant les dégâts économiques du conflit au Moyen-Orient et le choc d’inflation lié à la hausse de l’énergie.
Pourquoi l’euro peut-il baisser même si le marché attend des hausses de taux de la BCE ?
L’euro peut reculer si les hausses de taux répondent à un choc pétrolier plutôt qu’à une croissance plus forte. Les marchés anticipent au moins deux hausses de taux en 2026, mais la zone euro subit davantage le renchérissement de l’énergie importée, ce qui pèse sur l’activité et limite l’effet habituellement favorable de taux plus élevés.
Qu’est-ce qui a changé dans les anticipations sur la BCE ?
Les marchés sont passés d’une probabilité de 40 % d’une baisse de taux à plusieurs hausses de taux en 2026. (Ces « anticipations » correspondent aux prix intégrés dans les marchés de taux, comme les swaps, qui reflètent les scénarios jugés les plus probables.)
Pourquoi le détroit d’Ormuz compte autant pour l’EURUSD ?
Le détroit d’Ormuz est un passage stratégique pour le transport de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL : gaz refroidi pour être transporté par navire). S’il reste largement bloqué, l’Europe fait face à des importations plus coûteuses, une inflation plus élevée et une croissance plus faible, ce qui pèse sur l’euro.
Les nouvelles rassurantes autour de Trump ont-elles aidé l’euro ?
Seulement brièvement. Les marchés ont surtout continué à regarder le niveau du pétrole et les flux d’approvisionnement en énergie, plus que le ton politique.
Qu’a dit François Villeroy de Galhau sur la politique de la BCE ?
Il a dit que la BCE est prête à agir contre l’inflation liée à l’énergie, mais qu’il est trop tôt pour discuter du calendrier d’une hausse de taux. Cela signale une vigilance face à l’inflation, sans donner de date précise.
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