Le positionnement IMM s’est concentré sur les devises liées aux matières premières, avec les ajustements les plus marqués sur l’AUD, le NZD et la NOK. Ces trois devises ont été les plus activement traitées, tandis que la NOK, le CAD, le NZD et l’AUD figuraient toutes parmi les cinq principales devises du G10 en termes d’ampleur des flux. Ce schéma, mis en regard des récents mouvements au comptant, suggère des thématiques de valorisation liées à l’énergie et, plus largement, aux perspectives des matières premières.
Les flux ont fait apparaître des sorties sur la NOK et le CAD, reflétant leur exposition au pétrole, ainsi que le statut de la NOK comme devise du G10 la plus « sur-détenue », en parallèle d’anticipations modestes de resserrement supplémentaire de la Norges Bank. Le NZD et l’AUD sous-performent depuis début mai, la hausse des coûts des intrants pesant sur les termes de l’échange, tandis que la mollesse de la croissance chinoise limite le soutien ; historiquement, les écarts d’anticipations de taux américains par rapport aux antipodes ont guidé les valorisations, même si le positionnement IMM indique qu’une large part de ce réajustement est déjà matérialisée. Ailleurs, l’EUR est repassé en zone de sur-détention en agrégé après de solides entrées nettes renforcées par une séance à fort volume, tandis que les flux nets sur l’USD sont restés globalement neutres, cohérents avec son double rôle de devise de financement et de portage.
Devises de matières premières au centre de l’attention dans un contexte de fondamentaux en mutation
Compte tenu de la date du jour, le 25 juin 2026, nous observons les plus forts ajustements de positionnement sur les devises liées aux matières premières. Le dollar australien, le dollar néo-zélandais et la couronne norvégienne enregistrent le plus d’activité. Cela indique que l’attention du marché se porte clairement sur les perspectives de croissance mondiale et sur les ressources.
Nous estimons que les opérateurs devraient envisager des positions baissières sur les devises sensibles au pétrole, telles que la couronne norvégienne et le dollar canadien. Le récent sommet de paix de Genève a fait reculer le Brent de 12% sur le mois, à 82 dollars le baril, réduisant l’attrait de ces devises. La couronne est particulièrement vulnérable, car il s’agit de la devise du G10 la plus sur-détenue, ce qui la rend exposée à un débouclement brutal.
À l’inverse, nous devenons plus constructifs sur les dollars australien et néo-zélandais, qui ont déjà subi d’importantes ventes depuis mai. Avec l’annonce par la Chine, la semaine dernière, d’un vaste plan de relance des infrastructures, la demande de matières premières hors énergie, comme le minerai de fer, montre des signes de reprise. Cela suggère que la sous-performance de l’aussie et du kiwi pourrait approcher de sa fin.
Les stratégies de valeur relative prennent le dessus alors que le dollar américain domine
Si le dollar américain demeure dominant, les meilleures opportunités pourraient se situer dans des stratégies de valeur relative plutôt que dans des paris directionnels. Par exemple, nous voyons un potentiel à associer une position longue sur le dollar australien à une position courte sur l’euro. Cette stratégie vise à tirer parti d’un possible rebond de l’AUD tout en se couvrant contre une force généralisée du dollar américain.
L’euro est revenu en zone de sur-détention, ce qui en fait une devise intéressante à vendre contre celles dont les perspectives sont meilleures. Les chiffres de la production industrielle allemande de mai, publiés la semaine dernière, ont montré une contraction inattendue de 0,8%, alimentant les craintes d’un ralentissement de la croissance dans la zone euro. Ces données dégradées apportent un argument fondamental solide pour privilégier des devises comme l’AUD face à l’EUR.
Le dollar américain est, lui, utilisé à la fois pour des stratégies de financement et de portage, la Réserve fédérale ayant maintenu ses taux inchangés à 3,75% lors de sa réunion de juin. Cela renforce son avantage de rendement et rend, pour l’instant, risqué un pari frontal contre le dollar. Dans ce contexte, se concentrer sur des paires de devises excluant le dollar peut offrir un profil risque/rendement plus attractif dans les semaines à venir.