Le compte courant américain a affiché un déficit de 226,8 milliards de dollars au premier trimestre, supérieur aux anticipations du marché, qui tablaient sur un trou de 217,5 milliards. Cette publication suggère un besoin de financement externe plus important que prévu sur la période.
La statistique est présentée vis-à-vis du consensus plutôt que via des ventilations supplémentaires, mais l’écart à la prévision renvoie à des flux nets moins favorables qu’anticipé sur le commerce de biens et services, les revenus primaires ou les revenus secondaires. Les marchés scruteront les composantes sous-jacentes pour détecter tout changement de tendance de l’équilibre extérieur des États-Unis.
Implications pour le dollar américain et les stratégies sur dérivés
Nous considérons l’élargissement inattendu du déficit courant comme un vent contraire net pour le dollar. Il met en évidence un déséquilibre fondamental: le pays dépense davantage à l’étranger qu’il ne gagne, ce qui plaide, selon nous, pour un positionnement en faveur d’un affaiblissement du billet vert. Des stratégies sur dérivés, comme l’achat d’options de vente (puts) sur l’indice du dollar (DXY), peuvent constituer un moyen d’exprimer ce scénario avec un risque borné.
Cette lecture est confortée par des données récentes montrant que le déficit commercial des biens en mai 2026 s’est creusé à son plus haut niveau depuis plus d’un an, à 102 milliards de dollars. Cette dynamique persistante place la Réserve fédérale dans une position délicate, car un dollar plus faible pourrait compliquer la lutte contre une inflation qui s’établit de manière tenace autour de 3%. Nous estimons que ce cocktail continuera de peser sur le dollar, d’autant que les perspectives de croissance dans d’autres régions apparaissent relativement meilleures.
La situation rappelle le milieu des années 2000, lorsqu’un déficit durablement élevé avait précédé une baisse marquée du dollar sur plusieurs années. Entre 2005 et 2007, l’indice du dollar a reculé de près de 20% face à un panier de grandes devises. Pour se positionner sur une trajectoire comparable — potentiellement moins spectaculaire — nous pourrions recourir à des options d’achat (calls) de maturité longue sur des paires comme l’EUR/USD ou le GBP/USD.
Opportunités sur les actions et les matières premières
Nous identifions également des opportunités sur les dérivés actions, car un dollar plus faible est globalement positif pour les grandes multinationales américaines. Les sociétés du S&P 500 qui réalisent une part importante de leur chiffre d’affaires à l’international verront leurs profits à l’étranger se convertir en davantage de dollars, ce qui soutiendra leurs résultats. En conséquence, nous envisageons d’ajouter une exposition haussière via des options d’achat sur l’indice SPX.
Cet environnement est aussi favorable aux matières premières libellées en dollars, en particulier l’or. Un dollar en repli fait souvent office de facteur de soutien pour les métaux précieux, perçus comme une couverture contre la dépréciation monétaire. Nous étudierons des spreads acheteurs (call spreads) sur contrats à terme sur l’or afin de tirer parti d’un potentiel de hausse tout en maîtrisant le coût de la stratégie.