L’indice ZEW des anticipations en Suisse a reculé à -25 en juin, contre -11,1 précédemment. Ce niveau plus faible traduit une détérioration plus marquée du sentiment par rapport au mois précédent.
L’indice reste en territoire négatif, ce qui indique que davantage de répondants s’attendent à une dégradation des conditions plutôt qu’à une amélioration. Le recul de juin suggère un affaiblissement supplémentaire de la dynamique par rapport à la dernière enquête.
Perspectives économiques suisses et implications de politique monétaire
Nous relevons la forte baisse de l’enquête ZEW de juin à -25, un net basculement vers le pessimisme par rapport à la lecture précédente. Cela indique que les analystes financiers se montrent de plus en plus préoccupés par les perspectives de l’économie suisse à six mois. Cette inflexion du sentiment accroît la pression sur la Banque nationale suisse (BNS) qui, après avoir abaissé son taux directeur à 1,25% lors de sa réunion de mars et l’avoir maintenu en juin, pourrait envisager de nouvelles baisses afin de soutenir la croissance.
Cette lecture « baissière » suggère une potentielle faiblesse du franc suisse (CHF). Nous nous intéressons à des produits dérivés qui bénéficient d’une hausse de l’EUR/CHF ou de l’USD/CHF, par exemple l’achat d’options d’achat (calls) sur ces paires. Avec une inflation suisse déjà faible, à 1,4% en mai 2026, tout nouvel affaiblissement de l’activité renforcerait l’argument en faveur de baisses de taux, ce qui pèse généralement sur une devise.
Implications pour les actifs suisses et stratégie de marché
Pour le marché actions suisse, ce sentiment négatif signale un risque baissier pour l’indice SMI. Nous estimons que l’achat d’options de vente (puts) sur le SMI constitue un moyen prudent de se couvrir ou de se positionner sur un repli du marché. Historiquement, des chutes marquées de la confiance économique, comme celle observée à la mi-2022, ont précédé des périodes de faiblesse boursière, à mesure que les prévisions de bénéfices étaient révisées à la baisse.
Nous suivrons de près les prochaines statistiques « dures » afin de confirmer ce sentiment négatif. Les prochains chiffres du PMI manufacturier et du chômage seront déterminants pour évaluer si le pessimisme se traduit en activité économique réelle. Si ces indicateurs se dégradent également, nous renforcerons notre conviction dans nos positions baissières sur les actifs suisses.