L’indice iFlow Carry de BNY est passé, pour la première fois en 2026, en zone de significativité statistique négative, signalant un changement dans la manière dont les flux de devises interagissent avec les différentiels de taux. Cet indicateur est défini comme la corrélation quotidienne de rang de Spearman entre 32 indicateurs de flux de devises et les rendements obligataires locaux correspondants ; il montre désormais des flux de plus en plus négativement corrélés à ces rendements, ce qui est cohérent avec un débouclement des positions de carry. La note mentionne également un cessez-le-feu dans le Golfe et un pivot restrictif limité de la Fed comme éléments d’un contexte de risque plus ferme à mesure que le processus de liquidation progresse.
Dans le criblage des scénarios de retour à la moyenne, le cadre recherche les devises présentant les plus forts changements potentiels de classement si la demande de carry redevenait positive. Des positions longues BRL sont citées selon ce critère : la devise est décrite comme seulement modérément surdétenue, tout en étant la devise de carry la plus vendue au cours du mois écoulé. Ailleurs, d’autres devises à haut rendement restent nettes longues mais avec des scores de flux plus modérés, tandis que le CHF a été nettement acheté au cours du mois écoulé et affiche désormais un score de détention confortablement positif malgré des taux à zéro ; à la différence du JPY, il n’est pas décrit comme excessivement sous-évalué.
Signaux de débouclement du carry et amélioration du contexte de risque
Nous observons un signal inhabituel sur les marchés des changes pour la première fois cette année : le lien entre les flux de fonds et les rendements obligataires est devenu négatif. Cela indique que les opérations de carry sont en cours de débouclement à une échelle significative. Même si ces ventes pourraient se prolonger brièvement, nous y voyons un indicateur contrariant suggérant un fort potentiel de reprise.
L’environnement de risque s’améliore, ce qui étaye cette lecture. L’indice VIX, mesure clé de l’aversion au risque, est retombé de plus de 22 en mai à moins de 17 la semaine dernière, et un récent cessez-le-feu dans le Golfe a apaisé les marchés pétroliers. En outre, la Réserve fédérale a maintenu ses taux inchangés lors de sa réunion du 17 juin, signalant une posture moins agressive pour l’instant.
Opportunités : reprise du BRL face à faiblesse du CHF
Dans une optique de rebond, nous estimons que le real brésilien offre le meilleur profil risque/rendement. Le BRL a été la devise à haut rendement la plus massivement vendue au cours du mois écoulé, chutant de 8 % face au dollar en mai, avant de se stabiliser autour de 5,30. Avec un taux directeur de la banque centrale du Brésil à 10,5 %, le rendement potentiel d’une position longue BRL est attractif à mesure que le pessimisme récent s’estompe.
À l’opposé du trade, le franc suisse apparaît comme une devise de financement idéale. Le CHF a bénéficié d’achats significatifs en tant que valeur refuge, les données de la CFTC montrant des positions spéculatives redevenues nettes longues pour la première fois depuis 2024. Cela le rend surdétenu pour une devise à taux zéro et en fait un candidat privilégié à la vente.
Les opérateurs sur dérivés devraient envisager de se positionner pour une appréciation du BRL face à une faiblesse du CHF. Cela peut passer par l’achat de calls sur BRL ou la vente de puts USD/BRL afin de capter un potentiel de hausse du real. Parallèlement, la vente de calls sur CHF pourrait financer ce scénario, en tirant parti de sa vigueur récente, peu habituelle.
Même si l’appétit pour le risque mondial s’améliore, il faut garder à l’esprit que les marchés américains restent solides. Dans ce contexte, se concentrer sur des histoires pays spécifiques est plus important que jamais. La situation particulière du Brésil, combinée au caractère suracheté du franc, offre une opportunité ciblée en dehors des mouvements de marché plus larges.