L’USD/CAD a peu varié lundi après une brève hésitation à la suite de données d’inflation canadiennes plus fermes, évoluant autour de 1,4165 et se maintenant près de son plus haut niveau depuis avril 2025. Statistique Canada a annoncé une inflation IPC globale en mai à 3,2% sur un an, contre 2,8% en avril, l’accélération étant principalement tirée par la hausse des prix de l’essence. Les mesures sous-jacentes sont restées plus stables : l’IPC de base de la Banque du Canada est monté à 2,2% contre 2,1%, maintenant l’attention sur les tendances de prix de fond plutôt que sur le bond de l’indice global.
Les marchés ont continué d’interpréter ce mélange de signaux comme compatible avec un statu quo de la BdC sur les taux, tandis qu’aux États-Unis les anticipations se sont orientées vers une possible hausse de taux de la Réserve fédérale d’ici la fin de l’année après la réunion de politique monétaire de la semaine dernière. Le dollar américain est resté soutenu, l’indice du dollar (DXY) s’échangeant près de 101, proche d’un plus haut de 13 mois, même si l’appétit pour le risque s’est amélioré sur fond de progrès dans les négociations États-Unis–Iran. La détente des prix du pétrole liée à cet optimisme a également pesé sur le dollar canadien, sensible aux matières premières. Le calendrier canadien est vide pour le reste de la semaine, même si le gouverneur de la BdC, Tiff Macklem, doit s’exprimer mardi, tandis qu’aux États-Unis l’attention se tourne vers l’indice des prix PCE.
Divergence de politique monétaire et perspectives
Compte tenu de la divergence nette des politiques monétaires, nous voyons un argument solide en faveur d’un potentiel de hausse supplémentaire de l’USD/CAD. Le ton restrictif de la Réserve fédérale tranche nettement avec celui de la Banque du Canada, qui semble cantonnée à l’inaction par la stabilité de l’inflation sous-jacente. Cet écart de politique est le principal moteur de notre stratégie pour les prochaines semaines.
Les chiffres d’inflation au Canada sont trompeurs, et il faut regarder au-delà d’une publication globale élevée. Les banques centrales se concentrent généralement sur l’inflation sous-jacente, qui à 2,2% est très proche de l’objectif de 2% de la BdC, ce qui leur laisse peu de raisons d’agir. Cela renforce l’idée que les taux canadiens resteront figés dans un avenir prévisible.
À l’inverse, le dollar américain continue d’être soutenu par les anticipations d’une hausse de taux de la Fed. La valorisation actuelle du marché, reflétée par les swaps indexés au jour le jour (OIS), suggère une probabilité supérieure à 70% d’un relèvement d’ici la fin de l’année. La prochaine publication de l’indice des prix PCE sera déterminante et pourrait conforter ces attentes si elle ressort elle aussi élevée.
Stratégie et principaux risques de marché
La baisse des prix du pétrole ajoute à la pression sur le dollar canadien. Historiquement, l’USD/CAD affiche une forte corrélation inverse avec le prix du brut WTI, souvent comprise entre -0,6 et -0,8. Alors que l’optimisme autour des négociations États-Unis–Iran pèse sur le pétrole, nous anticipons que ce vent contraire pour le « loonie » devrait persister.
Nous estimons que la manière la plus efficace de se positionner pour une poursuite du mouvement haussier consiste à recourir à des options d’achat (calls) sur l’USD/CAD. Cela permet de capter un potentiel haussier tout en limitant le risque maximal à la prime payée. À titre de précédent historique, une divergence de politique monétaire similaire entre 2014 et 2016 avait propulsé la paire de 1,10 à au-delà de 1,46, ce qui suggère un potentiel encore significatif.
Nous surveillerons de près tout surprise restrictive (« hawkish ») de la part du gouverneur Macklem demain, même si nous jugeons ce scénario peu probable. Le risque principal pour notre position est une lecture du PCE américain nettement plus faible qu’attendu plus tard dans la semaine. Un chiffre décevant pourrait amener les marchés à réévaluer la trajectoire de la Fed et déclencher un repli de la paire.