Le WTI a reculé lundi, évoluant autour de 74,50 $ et en baisse de 2,54% sur la séance. Les prix ont effacé leurs gains initiaux après un test proche de 78,00 $, la prime de risque géopolitique s’étant atténuée. Ce repli fait suite à de nouveaux développements dans la diplomatie entre les États-Unis et l’Iran : des médiateurs du Qatar et du Pakistan ont indiqué qu’une feuille de route avait été établie afin de viser un accord final sous 60 jours, permettant la poursuite des discussions techniques.
Les marchés ont également intégré des assurances officielles concernant le détroit d’Ormuz. Le vice-président américain JD Vance a déclaré que des mécanismes étaient en place pour maintenir la route ouverte et limiter toute nouvelle escalade, tandis que le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a indiqué que les discussions progressaient sur des sujets liés aux exportations de pétrole et de produits pétrochimiques. Le détroit demeure un point de passage stratégique, avec environ 20% des approvisionnements énergétiques mondiaux qui y transitent, et la baisse des craintes de perturbation a réduit le soutien aux prix. Par ailleurs, selon des informations de presse, des propos du président Donald Trump évoquant une intensification des frappes si des groupes soutenus par Téhéran agissaient au Liban ont coïncidé avec une suspension temporaire des discussions en Suisse.
La prime de risque se dégonfle, les progrès diplomatiques pèsent sur le pétrole
Compte tenu de la désescalade entre Washington et Téhéran, nous estimons que la baisse récente du WTI correspond à la résorption d’une prime de risque géopolitique significative. Le passage des prix d’environ 78 $ à sous 75 $ montre que les opérateurs n’intègrent plus un scénario extrême concernant le détroit d’Ormuz. À ce stade, nous réduisons notre exposition aux positions longues fondées uniquement sur des anticipations de conflit.
Ce changement de sentiment est immédiatement perceptible sur le marché des options, où la volatilité implicite a probablement diminué sensiblement. L’indice de volatilité du brut du CBOE (OVX) a vraisemblablement reflué depuis ses récents sommets, rendant l’achat d’options moins coûteux mais la vente d’options moins rémunératrice. Nous pensons que le marché intégrait une prime de risque de 5 à 10 $, laquelle s’évapore désormais rapidement.
Positionnement tactique et risques persistants sur l’offre
Notre stratégie immédiate consiste à vendre des options d’achat (calls) avec des prix d’exercice autour des récents sommets de 77-78 $. Cela nous permet de tirer parti de l’idée qu’un plafond s’est installé à court terme, tout en profitant de la prime de volatilité résiduelle avant qu’elle ne s’érode davantage. Ces opérations sont étayées par les assurances selon lesquelles les 21 millions de barils qui transitent chaque jour par le détroit d’Ormuz ne sont pas menacés à très court terme.
Cependant, il faut garder à l’esprit la fragilité de la situation, comme l’illustre la suspension temporaire des discussions. Un schéma similaire avait été observé lors des négociations du JCPOA en 2015, lorsque des revers diplomatiques avaient provoqué des flambées de prix brutales et soudaines. Nous utiliserons donc une partie de la prime obtenue via la vente de calls pour acheter des options de vente (puts) hors de la monnaie, afin de se protéger contre une rupture des négociations.
Au-delà des titres géopolitiques, nous surveillons les fondamentaux d’offre et de demande, qui restent tendus. Les données récentes de l’EIA pour début 2026 ont montré une demande mondiale se maintenant au-delà de 103 millions de barils par jour, largement portée par la consommation en Asie. Cette demande sous-jacente robuste offre un plancher solide aux prix, suggérant qu’un effondrement complet est peu probable, même en cas de percée diplomatique.