L’EUR/JPY s’est légèrement apprécié vers 185,30 lundi, en hausse de 0,16% au moment de la rédaction, les marchés se positionnant avant les premières estimations des indices HCOB des directeurs d’achat (PMI) de la zone euro attendues mardi, tout en suivant les déclarations de la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde. L’attention se porte sur les premières estimations des PMI de juin, afin d’y déceler des indications sur la dynamique de croissance et la trajectoire de politique monétaire à court terme.
Sur les taux, le membre du Conseil des gouverneurs Pierre Wunsch a déclaré qu’une nouvelle hausse pourrait intervenir dès le mois prochain si les pressions inflationnistes s’étendent au-delà de l’énergie. Le taux de dépôt de la BCE est à 2,25%, et les marchés intègrent au moins une nouvelle hausse de 25 points de base dans les prochains mois. Au Japon, le yen est resté faible malgré de nouveaux avertissements d’une possible action contre des mouvements jugés désordonnés de la part de la ministre des Finances, Satsuki Katayama. Le sentiment de risque a également été affecté par les tensions au Moyen-Orient et les craintes de perturbations liées au détroit d’Ormuz, après l’annonce par l’Iran de sa fermeture, tandis que le président américain Donald Trump a menacé de nouvelles actions militaires contre l’Iran si les attaques du Hezbollah se poursuivent.
Ces éléments ont pris le pas sur les anticipations d’un nouveau durcissement de la Banque du Japon (BoJ). Le compte rendu de la réunion d’avril de la BoJ a montré que certains membres étaient favorables à des relèvements plus rapides afin d’éviter un dépassement de l’inflation, et le vice-gouverneur Shinichi Himino a indiqué que la politique serait ajustée en fonction des conditions. L’attention se reporte désormais sur les PMI japonais de mardi et sur le « Summary of Opinions » de la BoJ attendu mercredi, après une hausse de 25 points de base qui a porté le taux directeur à 1%.
Perspectives en zone euro et débat sur la politique de la BCE
Nous observons la paire EUR/JPY se rapprocher de 188,50, alors que le marché se projette vers des publications de données cruciales en provenance de la zone euro. Les données préliminaires des PMI constitueront le principal point d’attention, aux côtés d’éventuelles interventions de la présidente de la Banque centrale européenne. Ces rendez-vous fourniront de nouveaux संकेत sur l’orientation de la croissance européenne et de la politique monétaire.
La prochaine décision de la Banque centrale européenne fait l’objet d’un débat intense, d’autant que les dernières données d’inflation montrent un indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) à 2,6%, toujours obstinément au-dessus de l’objectif de 2%. Les marchés financiers intègrent désormais une possible hausse d’un quart de point du taux de dépôt actuel de 2,75% d’ici la fin de l’été. Cette tonalité restrictive continue de soutenir l’euro.
Yen japonais sous pression dans un contexte de tensions géopolitiques
Dans le même temps, le yen japonais demeure sous forte pression, entraînant de nouveaux avertissements verbaux de la part de responsables du ministère des Finances à Tokyo. Nous avons déjà vu ce scénario : la situation rappelle la période 2022-2024, lorsque les autorités tentaient fréquemment de soutenir la devise par des déclarations, avec peu d’effet durable. Le marché semble sceptique quant à l’imminence d’une intervention directe en l’absence d’une baisse plus désordonnée.
La faiblesse du yen est également alimentée par des tensions géopolitiques persistantes en mer de Chine méridionale, qui menacent de perturber des routes maritimes clés. En tant qu’importateur net d’énergie, l’économie japonaise est particulièrement vulnérable à une éventuelle flambée des prix du pétrole et du gaz liée à des disruptions des chaînes d’approvisionnement. Ces risques externes l’emportent actuellement sur les facteurs de politique domestique pour la devise.
Cela se produit alors même que la Banque du Japon envisage sa propre trajectoire de normalisation, après avoir déjà relevé son taux directeur à 0,50% plus tôt cette année. Cependant, avec les dernières données d’inflation nationale (CPI) à un modeste 1,8%, les opérateurs s’interrogent sur le degré de resserrement que la BoJ peut mener. Nous surveillerons la publication du « Summary of Opinions » de la BoJ de sa dernière réunion afin d’y déceler d’éventuels signes d’un consensus plus restrictif.