USD/IDR a reculé après trois séances consécutives de hausse, évoluant autour de 17 840 durant les échanges asiatiques vendredi, tandis que la roupie et les actions locales restaient sous pression après que MSCI a exprimé des inquiétudes sur l’« investabilité » de l’Indonésie, en évoquant des transactions coordonnées et des structures d’actionnariat opaques. Cet avertissement intervient à la veille de la revue de classification des marchés de MSCI, alors que l’Indonésie est déjà le grand marché actions le moins performant au monde. Un déclassement du statut de marché émergent à celui de marché frontière la semaine prochaine pourrait déclencher des ventes d’investisseurs institutionnels et provoquer jusqu’à 13 milliards de dollars de sorties, en plus des 3,65 milliards de dollars déjà retirés des actions indonésiennes par les investisseurs étrangers en 2026.
Le repli de la paire est resté contenu, la roupie étant soutenue par l’amélioration du sentiment mondial après un accord initial entre les États-Unis et l’Iran, qui a atténué les craintes liées aux prix du pétrole et à des taux plus élevés. CNN a indiqué que l’accord ouvrait une période de 60 jours de négociations, et l’armée américaine a confirmé avoir mis fin à un blocus des ports iraniens près du détroit d’Ormuz, des responsables précisant que des millions de barils transitaient à nouveau par cette route. La prudence est néanmoins revenue après que la Suisse a confirmé vendredi que les discussions de Bürgenstock n’auraient pas lieu, tandis que des informations ont fait état de l’annulation du déplacement du vice-président américain JD Vance ; le dollar pourrait encore se raffermir à mesure que les marchés intègrent une orientation restrictive de la Fed, renforcée par l’accent mis par le président Kevin Warsh sur la stabilité des prix et par une division au sein du FOMC, près de la moitié de ses membres signalant au moins une hausse de taux plus tard cette année.
La volatilité augmente avant la revue de MSCI
Nous nous attendons à une volatilité significative de la roupie indonésienne à l’approche de la revue de classification des marchés de MSCI la semaine prochaine. Un éventuel déclassement au statut de marché frontière constituerait un événement à fort impact, susceptible de déclencher d’importantes sorties, à l’instar de la pression observée après la reclassification du Pakistan en 2022. Ce risque a propulsé la volatilité implicite à un mois des options USD/IDR au-delà de 11 %, reflétant la nervosité des opérateurs.
Les risques géopolitiques et liés à la Fed soutiennent le dollar
L’optimisme initial suscité par l’accord entre les États-Unis et l’Iran s’est complètement dissipé après l’échec des discussions en Suisse. Le regain d’incertitude géopolitique oriente de nouveau les capitaux vers les actifs refuge, au premier rang desquels le dollar américain. Le rebond immédiat des contrats à terme sur le Brent au-dessus de 95 dollars le baril confirme ce mouvement « risk-off », supprimant un pilier important de soutien pour la roupie.
La situation est accentuée par l’orientation durablement restrictive de la Réserve fédérale américaine. Les dernières données de CPI aux États-Unis, montrant une inflation toujours tenace à 3,4 %, suggèrent que, compte tenu de la priorité donnée par la Fed à la stabilité des prix, la trajectoire la plus probable reste celle d’un dollar plus fort. Nous voyons peu de raisons pour que la Fed opère un pivot, ce qui continuera de peser sur les devises des marchés émergents.
Compte tenu de ces facteurs convergents, nous estimons que se positionner pour une nouvelle faiblesse de l’IDR est la stratégie la plus prudente dans les prochaines semaines. Nous privilégions des positions longues USD/IDR, probablement via des options d’achat (calls), afin de tirer parti d’un possible mouvement au-delà du seuil de 18 000 après l’annonce de MSCI. L’environnement actuel plaide clairement pour une roupie plus faible face à un dollar en phase de renforcement.